Le 14 octobre dernier, la Salle Bourgie recevait l’Accademia de’ Dissonanti pour un concert axé autour des Concertos pour violoncelle de Carl Philipp Emanuel Bach. En plus des concertos Wq. 171 (1751) et Wq. 170 (1750), le public a eu droit à deux Concertos pour cordes et basse continue de Vivaldi, RV 152 et RV 127 et à la Toccata pour clavecin en ré mineur, BWV 912 de Jean-Sébastien Bach.
L’interprétation de l’allegro molto du concerto RV 152 s’est avérée particulièrement joyeuse, ce qui sied parfaitement à l’œuvre. L’andante molto qui a suivi fut très délicat et le violoncelle d’Elinor Frey (soliste et chef) a fait office de cœur battant pour l’ensemble. Et c’est dans le dernier mouvement de cette première pièce de Vivaldi que l’alto Isaac Chalk a pu démontrer la grande maturité de son jeu.
En parlant de maturité, le public a été gâté avec la claveciniste Mélisande McNabney dont nous commentions l’album Inspirations dans ces pages, il y a déjà sept ans. Mme McNabey nous invite dans un salon chic, bénéficiant d’une atmosphère bon enfant. Son jeu alterne entre une fraîcheur italienne et une rigueur allemande.

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Elle sait fort bien faire chanter son instrument (clavecin flamand fabriqué par Keith Hill, Michigan, États-Unis, 1984), mais aussi en tirer toute une fougue, lorsque requis. Nous pouvons remercier Mme McNabey pour sa vision assez personnelle de cette toccata de JSB.
Dans le premier mouvement du concerto Wq. 171, les changements de rythme et de ton sont bien dessinés et nous offrent vivacité et couleur. C’est dans le deuxième mouvement qu’on entend la mélancolie racontée par CPE Bach et qu’on constate que ce dernier possède son propre style, bien distinct de celui de papa.
C’est aussi dans ce mouvement que Mme Frey nous offre un solo très bien senti. Et c’est avec un allegro assai carrément endiablé, doublé d’une partition de violoncelle virtuose que CPE complète ce concerto.
La deuxième œuvre de Vivaldi au programme, RV 127, est très vivante et très courte. Cela n’empêche pas la violoncelliste solo de montrer une parenté certaine avec Paganini, particulièrement dans les notes les plus aigües sur la touche.
Pour compléter le programme, c’est à nouveau CPE Bach qui démontre son style bien personnel, avec un concerto de grande ampleur qui fait la part belle à la nouveauté et à la virtuosité.
Cette soirée s’est donc déroulée sous le signe de la précision, de l’énergie et de la virtuosité. Elle aurait pu nous laisser un souvenir encore meilleur si nous avions eu droit à davantage d’émotion. Elinor Frey, y est apparue comme une rose au milieu du jardin : nous avons pu profiter de l’allure de cette fleur mais peut-être pas assez de son parfum.





