On se demandait, en écoutant la troisième saison de la série The Diplomate, mettant en vedette Keri Russell, comment il serait possible de rendre les choses encore plus palpitantes, dans une quatrième fournée d’épisodes de cette saga diffusée sur Netflix. Le résultat? Quelque chose qui tend toujours un peu plus vers le théâtre d’été et le claquage de portes, plutôt que vers la série politique sérieuse.
Résumé des épisodes précédents: la vice-présidente américaine, jouée par une Allison Janney machiavélique, orchestre une attaque contre un porte-avions britannique pour tenter de forcer Londres à accepter une nouvelle donne géopolitique. Mais au moment où l’ambassadrice américaine au Royaume-Uni s’apprête à dévoiler le pot aux roses, ladite vice-présidente devient présidente et notre héroïne doit s’astreindre au silence.
Et durant la troisième saison, quelque chose d’encore plus invraisemblable vient s’ajouter au chaos: un sous-marin russe, porteur d’une « superarme » atomique, fait naufrage au large des îles britanniques, et Washington profite d’une soi-disant opération de sauvetage pour subtiliser l’engin, mais sans le dire à son plus proche allié.
Cette quatrième saison, largement expédiée au pas de course, s’articule donc autour de ce secret qui n’en sera pas nécessairement un pendant longtemps, au moment où Moscou manifeste son intention de récupérer les corps de ses marins décédés – et officieusement, pour remettre la main sur son arme. Mais si les Russes constatent que le sous-marin est vide, alors une guerre pourrait éclater.

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On comprend peut-être l’idée de devoir rendre les choses toujours un peu plus stressantes, un peu plus importantes, histoire de conserver l’intérêt des téléspectateurs, mais on frôle ici une certaine absurdité, sinon une absurdité certaine.
Tout le monde ment à tout le monde, les trahisons vont bon train, et notre ambassadrice doit avaler tellement de couleuvres qu’elle doit finir par en développer le goût. D’autant plus que son mari (Rufus Sewell), devenu vice-président, multiplie lui aussi les coups bas et les manigances.
L’ensemble de la série donne l’impression que l’entièreté des gouvernements américain et britannique n’est composée, d’un côté, que de la présidente, sa cheffe de cabinet, l’ambassadrice et le vice-président, et, de l’autre, de la seule première ministre.
Le contraste est ainsi un peu trop important entre des discussions de corridors et d’antichambres, et la préparation pour ce qui pourrait bien être la Troisième Guerre mondiale. Nous ne sommes pourtant plus à l’époque où le roi décidait de tout, mais les scénaristes semblent l’avoir oublié.
Va-t-on tout de même écouter l’intégralité des huit épisodes? Certainement. Va-t-on regretter l’approche posée, intellectuelle et parfois un peu trop nerd pour son propre bien de The West Wing? Absolument.





