Le cinéaste anglais Mike Leigh (Secrets and Lies, Vera Drake, Naked, etc.) porte toujours à l’écran des personnages du quotidien. Pas en les sublimant, pas en leur donnant une dimension supplémentaire, non. En les montrant tels qu’ils sont. Absolument ordinaires et même souvent pas si sympathiques. Mais ce qu’il en fait ensuite est toujours un vrai film, pas un plat documentaire. Et c’est encore le cas avec Tender Loving Care, présenté dans le cadre du FNC.
Amy (Kate O’Flynn) quitte son chum minable et revient vivre chez sa grande amie Rosie (Alice Bailey Johnson). Les deux sont travailleuses sociales. Amy rend souvent visite à ses parents, adorable couple encore amoureux, mais vieillissant.
C’est tout? Oui, c’est tout. Les deux filles ne sont pas des « héroïnes du quotidien », elles font leur travail, satisfaites parfois, râlant d’autres fois, s’indulgeant avec des verres de blanc le soir, drôles souvent, chiantes aussi. Le couple de parents est adorable, mais il est pas bonbon sucré adorable non plus, des fois, il est pénible.
C’est l’immense talent de Leigh, nous toucher avec ce « c’est tout », parce que c’est aussi plein de complexité, de sentiments beaux ou laids, la vie normale. Par son choix, il répond à la plus humaine des questions: cette femme que je vois derrière le comptoir de la pharmacie, ce monsieur avec une canne dans l’autobus, ma voisine, mon voisin, dont je croise la vie quelques secondes, c’est quoi sa vie, de quoi sont faites ses journées, qu’est-ce qui le fait rire, l’émeut, le fait pleurer.
Et il nous fait rire, nous émeut, nous fait pleurer avec ça.
Tender Loving Care était présenté au Festival du nouveau cinéma. Il est distribué par Métropoles films et sortira en salles au Québec.





