Juste pour assister à la rencontre de deux grandes actrices, le film mérite d’être vu. Et, de surcroît, il y a l’intérêt de l’enfant, on y tient aussi.
Auteur/autrice : Chloé Baril
Suzuki=Bakudan, réalisé par Akira Nagai, est un très honnête et efficace thriller. Le scénario est bon, sans être époustouflant, il y a des faiblesses dans certains des ressorts de l’histoire, mais on est bien pris par la tension tout du long.
Le film manque de rythme, l’intrigue s’essoufle, il y a beaucoup de trop de scènes montrant chacun tentant de convaincre l’autre que, oui, oui, il faut continuer à danser, malgré le découragement.
On rit et on s’amuse, indéniablement, malgré des baisses de régime ici et là, jusqu’à ce qu’entre en jeu la corruption politique qui resserre l’intrigue et nous captive davantage.
Le sujet est grave et pourrait être traité gravement, mais on est ici dans une comédie noire, très noire et très drôle.
Ça n’a pas l’esthétique léchée qui vient souvent avec le genre, ni une mise en scène remarquable, mais ce n’est pas une raison pour être triste et bouder son plaisir.
Ostracisé parce que né noir dans une société qui considère les minorités visibles comme des étrangers, Se-oh (Han Hyun-min) lance une perche un peu désespérée pour se trouver un compagnon de voyage de quelques jours.
La cinématographie est sèche et dépouillée, c’est une qualité, surtout pour rendre un huis clos, c’est joué absolument admirablement; ceci dit, ça reste long et dense.
Avec ce genre de scénario, la réussite d’un film tient sur le fil du rasoir. Le réalisateur Yu Nakamoto trouve et garde le bon ton et le rythme qu’il faut tout du long.
Il n’y aurait pas eu une seule des nombreuses personnes qui a eu quoique ce soit à faire sur ce film qui n’ait dit, à un moment, « non mais là sérieux, c’est pas possible, faut arrêter, faut juste pas faire ça »? C’est infiniment plus inquiétant qu’un tueur en série ganté.











