Une mère et ses trois filles ont monté un plan impeccable pour exécuter l’homme qui a sauvagement tué la cadette de la fratrie et qui vient d’être libéré de prison. Mais on sait ce que c’est, les voyages en famille, ça ne se passe jamais comme prévu. Cela est particulièrement le cas dans The Journey to Gyeong-ju, présenté à Fantasia.
Deuxième long métrage de la réalisatrice Kim Mi-jo, le film raconte le périple organisé par Ok-sil (Lee Jung-eun, vue dans Parasite) et ses filles Jang-ju (Kong Hyo-jin), Young-ju (Park So-dam – qui jouait également dans Parasite mais aussi dans le délicieux Special Delivery), and Dong-ju (Lee Yeon). Sous le couvert d’un voyage en famille, le but est d’exécuter celui qui, il y a 8 ans, a agressé et tué la plus jeune des sœurs, qui vient de recouvrer sa liberté et qu’elles ont kidnappé.
Le sujet est grave et pourrait être traité gravement, mais on est ici dans une comédie noire, très noire et très drôle. Quelque part entre les frères Coen, Parasite et Little Miss Sunshine, mais sans pour autant que ce soit un pâle sous-produit à la façon de.

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Le rire vient autant des imprévus du voyage, des maladresses de nos apprenties exécutrices, que des relations entre les membres de la famille. C’est sûrement là une des grandes qualités de l’écriture et du jeu, on rit en sachant ce qui se cache de plus lourd derrière les chamailleries, les railleries et les piques entre les sœurs et la mère. Les personnages sont bien définis, avec des archétypes, inévitablement, pour ajouter du matériel à comédie, mais sans caricature.
Des retours en arrière bien dosés apportent la profondeur nécessaire au scénario, des récits parallèles nous font avancer dans la recherche de l’assassin kidnappé et le tout est bien monté, avec un rythme impeccable. Ce n’est pas pour autant sans faiblesses.
Notamment, on perd en cours de route l’enquête des deux inspecteurs de police qui, pourtant, avançait intelligemment et aurait pu venir s’imbriquer dans l’intrigue principale.
Aussi, la rupture de ton entre la dernière baston et la dernière scène, douloureuse et dramatique, est très abrupte. Les deux scènes en elles-mêmes se tiennent et leur ton est justifié, mais il est difficile pour le spectateur de passer d’une à l’autre et que les émotions s’adaptent à la seconde.
Reste qu’il faut espérer une sortie en salle de ce film, qui a tout pour rallier quiconque a une famille, ce qui fait beaucoup de gens.





