Oubliez les pyramides et les corps enveloppés de bandelettes reprenant vie après un sommeil millénaire: avec The Mummy, disponible depuis peu en 4K, Blu-ray et DVD, le réalisateur Lee Cronin s’éloigne de tout ce qui a été fait jusqu’à présent pour livrer une version beaucoup plus personnelle, et horrifique, du monstre classique des studios Universal.
Correspondant à l’étranger pour la chaîne de télévision américaine ABQ News, le journaliste Charlie Cannon vit au Caire depuis bientôt près de cinq mois avec son épouse et ses deux enfants lorsque sa petite fille, Katie, disparaît mystérieusement sans laisser de traces. Tout indique qu’elle a été enlevée, mais les recherches pour la retrouver demeurent infructueuses.
Huit ans plus tard, la famille Cannon habite désormais à Albuquerque au Nouveau-Mexique. Un jour, ils reçoivent un appel inattendu de la police égyptienne. Leur enfant a été retrouvée, miraculeusement en vie, à l’intérieur d’un sarcophage en basalte vieux de trois mille ans.
Suite à des années de malnutrition et un manque d’exposition à la lumière du soleil, elle a des problèmes physiques, mais est surtout en état de choc, et semble incapable de prononcer un seul mot. Son père et sa mère la ramènent aux États-Unis, mais le comportement de la fillette est de plus en plus troublant. Que lui est-il arrivé au juste durant tout ce temps?

Fort du succès critique comme commercial de Evil Dead Rise, le réalisateur irlandais Lee Cronin s’attaque à un autre classique avec The Mummy dans lequel, au lieu de ressasser tous les clichés du genre, il réinvente carrément le monstre et la mythologie l’entourant. Si le résultat, fortement axé sur l’horreur corporelle, est plus proche d’un film de possession démoniaque dans la veine de L’Exorciste, on ne peut certes pas reprocher au cinéaste de manquer d’originalité. Cronin utilise ici la figure de la momie comme point de départ pour raconter une histoire totalement différente, où le drame familial occupe une place aussi importante que les créatures surnaturelles.

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En se concentrant sur le retour d’une jeune fille disparue depuis plusieurs années dans le désert égyptien, le long-métrage adopte une approche beaucoup plus intime, et transforme ce qui devait être des retrouvailles miraculeuses en cauchemar indicible.
Lee Cronin maîtrise parfaitement la tension dans The Mummy, et l’horreur provient surtout de la lente dégradation physique et psychologique des personnages. Les scènes les plus inquiétantes reposent sur le silence, les regards et les comportements anormaux bien avant que le gore n’entre en scène. Les déformations des corps, les os qui se brisent, les tissus qui se déchirent ou les mutations progressives donnent lieu à plusieurs scènes particulièrement mémorables, et absolument répugnantes.
Jack Reynor (Midsommar) est convaincant dans la peau d’un père brisé, partagé entre l’espoir de retrouver sa fille et la peur de ce qu’elle est devenue, mais c’est surtout Natalie Grace dans le rôle de Katie qui impressionne. La jeune actrice incarne une créature profondément dérangeante dont chaque mouvement paraît contre nature, et même lorsqu’elle demeure immobile, sa présence est inquiétante.

En plus du film sur un disque au format 4K, l’édition ultra-haute définition de Lee Cronin’s The Mummy inclut également un code donnant accès à une copie numérique. Du côté du matériel supplémentaire, on a droit à une piste de commentaires livrée par le cinéaste et scénariste, quatre scènes retirées du montage et trois courtes revuettes.
Dans la première, Lee Cronin explique ses raisons pour revisiter ce classique du cinéma, tandis que les acteurs principaux discutent de la méthode de travail du réalisateur sur le plateau de tournage.
La seconde se consacre à la création du monstre, à sa fabrication et à l’application des prothèses, ainsi qu’aux effets spéciaux. La dernière explore les origines du démon sévissant dans le long-métrage, les motivations occultes derrière le processus de momification, et le désir de réinventer la mythologie entourant les momies tout en restant connecté à la culture égyptienne.
Il n’est pas évident de livrer une œuvre originale en utilisant un monstre qui a déjà eu droit à une douzaine de longs-métrages depuis sa création en 1932, et si The Mummy n’est pas le film d’horreur de l’année, on ne peut que saluer l’audace dont fait preuve Lee Cronin afin de livrer une œuvre personnelle, qui sort définitivement des sentiers battus.
6.5/10
Lee Cronin’s The Mummy
Réalisation et scénario: Lee Cronin
Avec: Jack Reynor, Laia Costa, Mary Calamawy, Natalie Grace, Shylo Molina, Billie Roy et Veronica Falcón
Durée: 134 minutes
Format : UHD (4K et copie numérique)
Langue : Anglais, français, allemand, japonais, italien et espagnol
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