Une histoire peu probable mais qui est accessoire, une madame aussi jolie que dangereuse, une avalanche de règlements de compte avec beaucoup beaucoup de fusils, encore plus de machettes et donc des hectolitres de sang. Bref, rien de triste, dans un film qui s’appelle pourtant Tristes tropiques, présenté dans le cadre du festival Fantasia.
Sous ce titre emprunté à Claude Lévi-Strauss, n’attendez surtout pas une étude anthropologique, mais plutôt un thriller d’action avec beaucoup d’hémoglobine, qui est un des genres marquants du cinéma coréen depuis une bonne vingtaine d’années, celui-ci réalisé par Park Hoon-jung (The Childe, The Witch, etc.).
L’histoire, comme souvent pour un film d’action, qu’on soit chez John Wick, les yakuzas ou le MI6 de M. Bond, est peu plausible et c’est accessoire. Ici, on a le Maître, un ex mercenaire qui a élevé des gamins perdus dans la jungle pour en faire des assassins. Bon. Ok. Soit. Ces gamins sont devenus adultes et ils ont des comptes à régler et des méchants qui leur courent après. En gros, c’est pas mal ça.

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Honnêtement, ce n’est pas la plus tarabiscotée de toutes (c’est même un scénario qui à la limite se tient mieux que celui du récent et acclamé The Furious), facile de suivre la cascade des luttes de pouvoir et exécutions avec une certaine logique. On en dira pas plus, puisque les retournements d’allégeance sont un des plaisirs assurés du film. Un jeu de chat et de la souris rondement mené.
On ne révélera pas non plus trop de choses des personnages principaux, Jojo (Park Yu-rim), dangereuse et jolie dame aux ongles vernissés de bleu, et Tears (Park Hoon-jung), nommé ainsi parce que, vous avez deviné, il a la larme facile, mais vous ne saurez pas plus pourquoi.
Sans être un absolu incontournable, ça remplit aisément les attentes du festivalier. Le rythme est soutenu, les personnages sont intéressants, voire attachants ou pittoresques et pas mal tous bien joués, le scénario a son lot de surprises et de trouvailles, les combats, sans révolutionner rien, sont haletants, avec l’attendu bonhomme seul qui descend 50 assaillants en combo fusil-machette, bim bam, pouf et artères sectionnées. Ça n’a pas l’esthétique léchée qui vient souvent avec le genre, ni une mise en scène remarquable, mais ce n’est pas une raison pour être triste et bouder son plaisir.





