Le film d’ouverture du festival de cinéma de genre Fantasia offrait du genre – en masse. Du cinéma? Pas tant.
« Genre is cinema » a dit Nicolas (Winding Refn, Drive, la trilogie Pusher, entre autres), présent pour la projection de son film en ouverture de Fantasia. On ne peut pas être plus d’accord, mais encore faut-il faire un film de genre, pas juste les accumuler.
Décrit par le cinéaste comme un film très personnel sur les relations père-fille, Her Private Hell est surtout… Un impressionnant navet. Sans histoire, sans mise en scène, sans intérêt mais avec surdose de néon (ça pourrait être une pub pour une shop de), de eerie musique mièvre et de jolis costumes, quelque part le seul élément réussi (ça aurait pu être un shooting mode aussi).
Disons, si on veut tenter un synopsis, que ça raconte les turpitudes d’une jeune fille à papa très riche (Sophie Thatcher), qui doit tourner un film avec sa jeune belle-mère (Havana Rose Liu) et une ingénue quelconque. Elles vivent dans une ville du futur, en hauteur, en violet et en rose, baignée dans une brume constante sous laquelle un tueur en série avec des gants aux jointures diamantées se promène pour trucider des jeunes femmes.

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Durant les 15 premières secondes, j’étais prête à embarquer dans un mood futur apocalyptique Blade Runner-bd de Bilal-giallo, style. Mais, tout de suite, le personnage principal croise l’ingénue nunuche, habillée comme mes filles quand elles font l’épicerie, en uniforme de GenZ 2026, quoi. Ça allait déjà plus mais c’était encore rien.
Il y a une scène de tournage du film auprès de laquelle Barbarella est un sobre film réaliste et l’ensemble de cet enfer privé ferait passer l’excellent Tie Man de Rémi Fréchette pour autre chose qu’une parodie. Aparté: si vous ne l’avez pas vu, trouvez-le et regardez-le, vous allez vous délecter et passez outre le Winding Refn.
La ville, présentée comme une mégapole, semble être habitée par au plus 15 personnes, ce qui donne une scène aberrante dans un night-club… vide… pour une soirée thématique… sans thème.
Même si on voulait mettre le plus de bonne volonté possible et y voir un film d’atmosphère et d’esthétique avant tout, c’est raté. C’est ni beau, ni perturbant, c’est clinquant et faux, mais pas assez pour que ça devienne parodique ou décalé. Il y a 1000 films plus réussis dans ce genre.
Bref, je ne sais pas sur quel meds roule Winding Refn depuis sa résurrection (il a vécu une expérience de mort imminente en 2023), mais il faut qu’il ajuste ça avec son médecin rapidement.
Au sortir de la projection, ce qui semble le plus incompréhensible, c’est que le cinéma, ce n’est pas exactement un art solitaire. S’il avait fait ça tout seul sur son cellulaire, encore (tiens, ça aurait peut-être même pu être bon), mais il n’y aurait pas eu une seule des nombreuses personnes qui a eu quoique ce soit à faire sur ce film qui n’ait dit, à un moment, « non mais là sérieux, c’est pas possible, faut arrêter, faut juste pas faire ça »? C’est infiniment plus inquiétant qu’un tueur en série ganté.





