Les chercheurs savent depuis longtemps que passer beaucoup de temps assis de manière ininterrompue a des effets négatifs sur la santé. Une nouvelle étude montre toutefois que le simple fait de se lever à l’occasion peut s’avérer salutaire.
Dans une étude publiée dans la revue PLOS Medicine au début du mois de juillet, une équipe internationale de scientifiques a conclu que le fait d’être assis pendant plus de 30 minutes à la fois est associé à un risque plus élevé de mourir d’un cancer. Cependant, chaque heure de comportement sédentaire interrompue par quelques minutes d’activité légère entraînait une réduction de 19% de ce risque.
Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont étudié 91 000 adultes du Royaume-Uni. Ceux-ci devaient porter un moniteur d’activité physique au poignet pendant 7 jours. Dans une publication sur Facebook, le médecin urgentologue Alain Vadeboncoeur soulignait que la mesure directe de l’activité physique des participants plutôt que de s’en remettre à leur propre estimation permet d’avoir une appréciation beaucoup plus objective de leur niveau d’activité.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!
Toujours selon le Dr Vadeboncoeur, les scientifiques ne savent pas encore quel mécanisme biologique serait responsable de ce lien entre les périodes prolongées d’inactivité et le cancer. Ils suspectent cependant que ce serait lié au processus métabolique et plus particulièrement aux muscles.
Par exemple, quand les muscles ne travaillent pas, la régulation du glucose devient moins efficace, ce qui pourrait augmenter les niveaux d’insuline et l’inflammation, affaiblir le système immunitaire et favoriser l’accumulation de graisse, explique-t-il dans sa publication. Tous ces facteurs peuvent avoir une incidence sur le développement des cancers. Le simple fait de bouger, même brièvement, interromprait temporairement ce processus.
Corrélation ou causalité?
Cependant, comme le soulignent les auteurs de l’étude eux-mêmes, il faut être prudent dans l’interprétation des résultats. Même si leur analyse a permis d’observer cette association entre le cancer et les périodes prolongées ininterrompues de sédentarité, elle n’est pas suffisante pour conclure à un lien de causalité.
En effet, d’autres facteurs comme l’état de santé des participants, leur alimentation ou leur style de vie pourraient expliquer cette association, remarque un oncologue du Royaume-Uni sur le site The Conversation. Par exemple, une personne déjà en mauvaise santé pourrait passer plus de temps assise en raison de la fatigue.
Malgré ce bémol, le message à retenir est qu’il est préférable d’éviter d’être assis pendant une période prolongée sans interruption, souligne-t-on dans un texte consacré à cette nouvelle étude sur le site de l’École médicale de Harvard. Utiliser une minuterie peut être une bonne option pour se rappeler de se lever et de bouger un peu toutes les 20 à 30 minutes.





