L’intérêt de l’enfant prime sur tout. Mais ce beau principe, comment l’appliquer? C’est ce que demande L’intérêt d’Adam, un film qui conserve le nôtre, d’intérêt.
Adam, quatre ans, est hospitalisé pour malnutrition. Sa toute jeune mère, Rebecca (Anamaria Vartolomei), refuse avec véhémence de limiter ses visites aux heures prescrites. L’infirmière en chef de l’aile pédiatrique, Lucie (Léa Drucker), prend sur elle de permettre à la mère de rester, convaincue que c’est mieux pour le gamin. Mais l’est-ce vraiment?
Au fil des heures, cela devient de moins en moins clair et la relation mère-fils apparaît de plus en plus trouble. Ce qui commence par un film social devient, en une heure vingt à peine, un drame au suspense tendu.

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Tous les aspects attendus d’un film sur un tel sujet y sont: l’hôpital saturé, le personnel de santé débordé, à cran, mais réussissant quand même à offrir des soins et de l’attention, le désarroi et le peu de ressources de la mère monoparentale. Dis comme ça, ça ne fait pas envie, voir un énième portrait d’un système dysfonctionnel.
Mais ce cadre social n’est que le décor, touchant et révoltant, de ce thriller en quasi huis-clos. C’est dans les rapports difficiles entre la mère et le personnel, entre Lucie et ses collègues et, surtout, surtout, entre Rebecca et Lucie que réside tout l’intérêt du film. Un duo-duel porté par deux actrices remarquables.
Anamaria Vartolomei, qui a joué dans L’empire de Bruno Dumont, Le Comte de Monte Cristo et Mickey 17, entre autres, est une fascinante actrice caméléon et d’une rare intensité. Quant à Léa Drucker, qu’on a vu entre autres dans Dossier 137, Incroyable mais vrai et la série Le bureau des légendes, elle est toujours absolument, totalement juste, dans chacun de ses rôles. Juste pour assister à la rencontre de ces deux grandes, le film mérite d’être vu. Et, de surcroît, il y a l’intérêt de l’enfant, on y tient aussi.





