Le 2 octobre dernier, en ouverture de sa 87e saison, l’Orchestre classique de Montréal a offert à son public un programme presque entièrement Beethoven. En plus du Concerto pour piano no. 4 et de la Symphonie no. 7, op 92 en la majeur, l’OCM a interprété Stride de la compositrice Anna Clyne, une œuvre bâtie autour de la Sonate « Pathétique », op. 13 du grand Ludwig.
Cette première pièce au programme, d’une durée d’environ 12 minutes, nous offre une chaleureuse mélancolie et des rythmes envoûtants. Le chef Andrei Feher nous l’offre avec vigueur et retenue en faisant bien ressortir les lignes mélodiques. Les clins d’œil à l’œuvre de Beethoven sont bien appuyés et toujours pertinents, allant même jusqu’à imprimer une certaine dose de romantisme.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!
Vient ensuite le concerto préféré, nous dit-on, de la pianiste Janina Fialkowska dont on apprend qu’il s’agit de ses adieux à la scène musicale montréalaise, après une longue carrière. On comprend le choix de la pianiste, car il s’agit certainement d’un des concertos du répertoire qui met le plus en valeur, autant l’orchestre que le piano. C’est d’une façon qui semble parfaitement naturelle que Fialkowska fait rejaillir la joie beethovenienne.
Elle est accompagnée d’une façon très énergique par l’orchestre, mais sans jamais que son jeu délicat et précis ne soit enterré. Dans les choix d’interprétation plus personnels de la part de la pianiste, notons avec intérêt certaines appogiatures qui sont jouées pratiquement comme des secondes.
Tout au long du concerto, on a l’impression que l’orchestre est une riche pièce d’étoffe et que le chef Andrei Feher est un grand maître couturier: aucun fil ne dépasse! Tout en profitant du moment présent, on a déjà hâte d’entendre la symphonie qui s’en vient mais on prend le temps d’ovationner copieusement Janina Fialkowska qui en prend note et nous offre un rappel très apprécié.
Si le chef admet volontiers son faible pour la musique viennoise, on peut dire que la partition du maître allemand lui va comme un gant. Dans cette interprétation de la 7e symphonie, Feher, c’est une main vigoureuse dans un gant de velours. Du haut du podium, il semble insuffler de l’énergie à ses musiciens qui, ainsi, nous offrent une performance de grand orchestre. On n’essaie pas ici de livrer une interprétation trop personnelle de l’œuvre: on s’efforce plutôt de respecter la tradition et de livrer une performance exceptionnelle. Chapeau!





