Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Eric Vega a eu une vie bariolée. Irrémédiablement rattaché au hood, rattaché à la misère ordinaire, à la violence, à la petite comme à la grande criminalité, mais aussi épris de liberté, d’émancipation, le jeune comédien, qui signe avec Pas fout’ mind son premier texte, propose une exploration largement autobiographique aussi surprenante que dansante.
Dansante, oui, avec plusieurs danseurs sur scène qui se laisseront aller au son du rap et autres rythmes évoquant non seulement ce hood, où notre protagoniste a grandi et où il a aussi appris la vie, mais aussi le pays de ses ancêtres, celui que ses parents ont fui pour trouver une vie meilleure.
Du quartier pauvre à l’Amérique latine, en passant par l’armée, et ultimement les cours de théâtre à l’UQAM, comment construit-on son identité? Comment conjugue-t-on la nostalgie pour un endroit que nous n’avons jamais vu à la dureté de la vie quotidienne? Comment peut-on trouver un sens à son existence en faisant partie des forces militaires, alors que ses propres parents ont fui l’armée, la dictature et la mort?
Impossible de le nier: Pas fout’ mind pose non seulement des questions intéressantes, mais le fait aussi dans un contexte tout ce qu’il y a de plus vivant, de plus frondeur, de plus audacieux. Après tout, l’auteur et interprète principal, Eric Vega, a encore la vie devant lui. Des dizaines d’années pour tenter d’y voir plus clair, mais aussi simplement célébrer cette diversité, cette pluralité, cette complexité de l’existence.
Sommes-nous vraiment surpris, alors, que cette célébration se fasse en musique et en danse?
Drôle, rafraîchissante, innovante, surprenante… Pas fout’ mind est une oeuvre fort appropriée pour nous réchauffer le coeur et l’âme, en plein vortex polaire.
Pas fout’ mind, d’Eric Vega, mise en scène de Philippe Boutin
Avec José Flores, Eric Vega, Léa Noblet Di Ziranaldi et Kevin Jr Maddripp
Au Théâtre de 4’Sous, jsuqu’au 6 février





