Une sixième saison, déjà? On a beau parler de Slow Horses, l’équipe de production de cette série d’espionnage britannique a pourtant des allures de mustang, avec six épisodes publiés religieusement, chaque année. On ne s’en plaindra certainement pas, surtout que cette nouvelle fournée explore une formule légèrement différente.
Après six ans, on pourrait en effet penser que les scénaristes commencent à être à court d’idées, ou que, probablement, le passé de nos protagonistes, toujours utiles pour alimenter le script, justement, a maintenant été entièrement examiné.
Cela n’est manifestement pas le cas, alors qu’une équipe d’assassins commencent à tuer méthodiquement une série d’anciens agents de ce groupe de bras cassés. Au même moment, River, qui a perdu son grand-père dans la saison précédente, en est rendu à l’enterrer. C’est d’ailleurs au cours de cette cérémonie qu’il croisera de nouveau la route de son père honni, qui mène sa propre mission pour un sinistre individu.

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Ce qui se déploie donc devant nos yeux, pendant six épisodes bien tassés, c’est une enquête en trois parties – on oubliait la grande patronne du MI5, Diana Taverner, qui décide mystérieusement de faire disparaître tout ce qui est lié à Slough House, le « bureau » de ces espions ratés.
Trois parties, donc, mais aucunement le temps de reprendre son souffle; en fait, les choses vont tellement vite, avec un scénario qui se déroule sur une poignée de jours à peine, que River n’aura même pas vraiment le temps de dormir. Quant à enlever son habit de funérailles, oubliez ça.
Articulée autour de la mort – la mort du grand-père de River, mais aussi la mort d’anciens agents, tout comme la mort, au sens plus figuratif, d’une certaine façon de faire les choses, d’anciennes certitudes –, cette sixième saison de Slow Horses pourrait fort bien représenter l’ultime série d’épisodes de cette excellente émission présentée sur Apple TV+.
Après tout, on nous ramène de vieux personnages, on clôt divers arcs scénaristiques, et, surtout, le développement personnel de nos protagonistes se poursuit. On n’ira pas jusqu’à dire qu’ils atteignent la plénitude, mais ils sont certainement capable de prendre un pas de recul supplémentaire par rapport à leur situation.
Irons-nous vers une septième saison? Clairement, la proposition télévisuelle fonctionne. Fonctionne très bien, même. Mais oui, il y a toujours cette question de la fatigue du public, de l’épuisement scénaristique. Quoi qu’il en soit, si les créateurs de Slow Horses sentent que leur poulain a encore de l’énergie, qui sommes-nous pour nous opposer à la vertu?





