En 2003, durant l’invasion américaine de l’Irak, un groupe de civils cherchant à fuir les combats se retrouve plutôt au beau milieu d’une fusillade entre marines et miliciens. Et ce qui devait arriver arriva: deux hommes sortis de leur véhicule sont abattus par des soldats. Mais cette histoire ne s’arrête pas là.
Car dans Atonement (celui de 2026, pas celui de 2007, forcément), le réalisateur et scénariste Reed Van Dyk, qui signe ici son premier long-métrage, il est non seulement question du drame qui se produit dans l’immédiateté, mais aussi de ses conséquences.
C’est ainsi qu’une vingtaine d’années après la mort de ces deux hommes, sur une route poussiéreuse d’Irak, l’un des soldats présents sur place, Luke, joué par Boyd Holbrook, probablement celui qui a atteint les voitures, d’ailleurs, est toujours traumatisé par cette expérience. Expulsé de l’armée, incapable de se trouver un boulot sérieux, il est hanté par son geste, et finit par contacter un journaliste qui a écrit sur la guerre en Irak.
L’idée consiste à reprendre contact avec les survivants de cette famille éplorée, qui sont maintenant installés en Californie. Non pas pour obtenir l’absolution – le film s’appelle Atonement, soit Expiation dans la langue de Molière, après tout –, mais pour se pardonner à lui-même, peut-être.

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Et de l’autre côté, face à cet homme en bonne partie brisé, nous avons les survivants, dont une femme qui a fondé une nouvelle famille, mais aussi la mère, celle qui pleure toujours à la fois son fils et son mari, jouée par Hiam Abbass, dans une interprétation magistrale.
Tout ce monde porte le poids de la guerre, de la violence, du deuil, des regrets. Et si nous avons déjà vu des films où des civils souffrent encore des traumatismes liés à un conflit, et où des soldats sont eux aussi affectés, rarement voit-on des longs-métrages représentant ces deux perspectives, côte à côte.
De façon encore plus intéressante, les démarches de Luke pour tenter de se pardonner à lui-même ne sont pas liées à une quête qui le dépasse; on ne parle pas, ici, d’excuses officielles d’un gouvernement, ou de la conclusion d’une saga touchant de nombreuses personnes. Nous avons un homme, un seul, qui cherche simplement à accepter son propre geste, en somme.
Film intime, film chargé en émotions, film qui laisse aux silences et aux regards la place qui leur revient, Atonement est un beau film. Un premier long-métrage tout à fait réussi pour M. Van Dyk. À voir.
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