De plus en plus visés, ces dernières années, en raison de leur impact néfaste sur la santé mentale de leurs utilisateurs, les médias sociaux font même l’objet de projets de loi, voire de lois déjà en vigueur, qui interdisent aux adolescents d’accéder à ces plateformes. Mais se « débrancher » est-il vraiment bénéfique?
Pour en avoir le coeur net, des chercheurs provenant de plusieurs institutions, notamment la Stony Brook University Renaissance School of Medicine et le Beth Israel Deaconess Medical Center, ont effectué une méta-analyse de plusieurs travaux portant sur l’impact de cette « détox » de TikTok, YouTube, WhatsApp et autres SnapChat.
Résultat? Les choses ne sont pas particulièrement claires, apprend-on, alors que la réduction de l’utilisation des médias sociaux n’aurait qu’un impact réduit, flou, voire carrément inexistant sur la santé mentale et le bien-être des enfants et des adolescents.
En fait, dans des travaux publiés dans Communications Psychology, les auteurs de cette méta-étude ont identifié toutes sortes de limitations méthodologiques dans les précédents travaux, et soutiennent que des évaluations supplémentaires sont nécessaires pour évaluer l’impact d’une diminution, voire d’un arrêt total de l’utilisation des plateformes numériques.
« Clairement, les médias sociaux peuvent nuire à la santé mentale », soutient ainsi John Torous, principal auteur de l’étude, dans une déclaration transmise au média spécialisé Medical Xpress.
« Nous ne savons cependant pas comment, ou pourquoi cela se produit », a-t-il précisé.
« Dans le cadre de nos travaux, nous avons découvert que la qualité des études précédentes était limitée, et qu’on en savait bien peu sur les conséquences à plus long terme de cette déconnexion. Nous avons besoin de ces données pour concevoir de futurs programmes d’interventions qui permettront de limiter les conséquences pour tout et chacun. »

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Au total, M. Torous et ses collègues ont sélectionné 45 études publiées entre 2015 et 2025.
Entre autres problèmes détectés par les chercheurs, à peine une seule de ces études comportait un groupe de participants dont l’âge moyen était sous la barre des 16 ans. « C’est un problème majeur », écrivent les chercheurs, qui affirment que pour concevoir des programmes et des politiques ciblant des enfants et des jeunes adolescents, il faut disposer de données qui correspondent à ces groupes d’âge.
Cette méta-analyse ne conclut cependant pas que se déconnecter des médias sociaux est inutile; on y écrit plutôt qu’en l’absence de données suffisantes, il est impossible d’offrir des conclusions claires en ce qui concerne la santé mentale des jeunes.
« Malheureusement, il y a encore énormément de choses à apprendre sur les raisons pour lesquelles certaines personnes éprouvent autant de problèmes avec les médias sociaux« , souligne encore M. Torous. « Cela semble clairement être une question personnelle, et ce qui est risqué pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. »
« Nous constatons donc qu’à l’avenir, il faudra concevoir des interventions personnalisées, et pas seulement imposer des interdictions généralisées« , conclut le chercheur.





