Ce n’est pas qu’au Québec où les parents souhaitent que leurs enfants ne puissent pas accéder à TikTok, YouTube, WhatsApp, Snapchat et les autres; c’est aussi le cas en Australie, révèle une nouvelle étude.
Les travaux en question, réalisés par l’Université Edith Cowan et l’organisation Playgroup WA révèle que 88% des parents de ce pays de l’hémisphère Sud appuient l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans.
Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs de l’étude ont interrogé 726 parents vivant dans l’Ouest australien, et dont les enfants sont âgés de 0 à 8 ans. On leur a également posé des questions sur leur propre utilisation des plateformes numériques, et de quelle façon cela affectait leurs tâches parentales.
On a ainsi constaté que les médias sociaux occupaient déjà une place importante dans la vie familiale de tous les jours, alors que les parents s’en servent pour s’informer, obtenir de l’aide et pour maintenir des connexions sociales, même s’ils sont de plus en plus nombreux à reconnaître les risques de ces plateformes, et à se montrer favorables à des protections renforcées pour les enfants, en ligne.

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Par voie de communiqué, les chercheurs indiquent qu’outre l’appui très fortement majoritaire à l’interdiction des médias sociaux pour les moins de 16 ans, 92% des parents interrogés sont pourtant des utilisateurs des médias sociaux; de ceux-ci, 96% s’en servent tous les jours.
Et cette utilisation passerait par un appareil que les parents (et leurs enfants) transportent constamment avec eux: le téléphone intelligent.
Par ailleurs, 44% des répondants ont indiqué que ces plateformes auraient un impact négatif, voire très négatif sur leur vie.
De l’avis de la Dre Catherine Archer, qui a mené l’étude, « ces travaux seraient les premiers à examiner la vision des parents, à propos de l’utilisation des médias sociaux par les mineurs, depuis qu’un projet de loi interdisant les médias sociaux a été déposé en Australie ».
« Dans le cadre de l’étude, les parents de jeunes enfants ont très largement appuyé l’interdiction, pour les 16 ans et moins, d’accéder aux médias sociaux », précise la Dre Archer.
« Malgré tout, la vaste majorité des répondants sont connectés aux médias sociaux, et il s’en servent généralement une heure ou deux par jour, voire davantage. »
Des craintes
Ainsi, les participants à l’étude ont évoqué plusieurs craintes pour retarder le moment où les enfants devraient avoir accès aux réseaux sociaux, y compris des notions de vulnérabilité, de développement cognitif, de harcèlement, de dépendance, mais aussi en lien avec les prédateurs numériques.
« J’ai été surprise de constater à quel point les parents sont favorables à une interdiction, alors qu’ils utilisent autant les plateformes, eux-mêmes », a encore indiqué la Dre Archer.
De son côté, Annette Harwood, présidente de Playgroup WA, juge que cette situation est logique.
« C’est précisément parce que [les parents] se retrouvent sur ces plateformes, tous les jours, qu’ils en comprennent les risques et la complexité. C’est justement pourquoi ils réclament de meilleures protections pour leurs enfants, pas nécessairement parce qu’ils rejettent complètement les médias sociaux, mais parce qu’ils les connaissent en profondeur et veulent protéger leurs enfants contre les impacts négatifs », dit-elle.





