Les jeunes ne devraient pas pouvoir accéder aux réseaux sociaux; c’est là l’avis de plus des trois quarts des Québécois sondés par l’Académie de la transformation numérique (ATM). Une volonté qui devrait être imposée par le gouvernement, croit-on.
Ces résultats, publiés dans le cadre du rapport NETendances 2026 – Réseaux sociaux et divertissement en ligne, s’inscrivent dans la foulée d’une recommandation officielle de la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux chez les jeunes, qui évoquait l’interdiction d’accéder à TikTok, YouTube, Snapchat, Facebook et autres Instagram pour les moins de 14 ans, sans le consentement d’un parent ou d’un tuteur.
Du côté des personnes sondées par l’ATM, on évoque plutôt, chez plus de la moitié des répondants (53%), l’âge de 16 ans comme limite minimale pour accéder à ces plateformes dont les algorithmes sont conçus pour susciter la dépendance, y compris chez les plus jeunes, avec effets délétères à la clé.
Au total, 79% des personnes interrogées – toutes adultes, cela dit – voudraient que le gouvernement se charge de faire respecter cette interdiction, peu importe l’âge visé. Et une bonne proportion des participants vont même plus loin: pour 16% des 35 à 44 ans, et pour 11% des parents, ces plateformes numériques devraient carrément être interdites aux mineurs.
Plusieurs pays, dont l’Australie, sont déjà allés de l’avant avec une telle interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour une bonne partie de jeunes. Avec comme résultat une augmentation marquée du recours à des réseaux privés virtuels (VPN, en anglais), qui permettent de dissimuler l’origine de son adresse IP, et donc de contourner la loi.

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Dépendance
Bien que l’ATM n’ait pas interrogé d’enfants ou d’adolescents sur leur utilisation des réseaux sociaux, le groupe des 18 à 34 ans serait particulièrement susceptible de développer une dépendance envers ces plateformes et applications.
Ainsi, à l’aide d’un indice de risque combinant le temps passé sur les médias sociaux, la fréquence d’utilisation et la capacité à se passer de ces plateformes, environ le tiers des 18 à 34 ans ont été jugés comme souffrant d’un « risque de dépendance très élevée », très loin devant les autres catégories d’âge.
Par ailleurs, si un répondant sur cinq a estimé pouvoir se passer des plateformes numériques « à jamais », un peu plus de 1 personne sur 10 (13%) a au contraire mentionné ne pas pouvoir se priver de consulter ces réseaux pendant moins d’une journée. Un total de 15% des participants affirment plutôt pouvoir faire preuve d’abstinence web pendant 24 heures.
Enfin, seulement 3% croient pouvoir tenir le coup pendant « quelques mois ».
Dans le même ordre d’idées, 45% des personnes utilisant les réseaux sociaux (93% des internautes québécois y sont branchés) jugent qu’ils passent trop de temps sur ces plateformes. Chez les 18 à 34 ans, mais aussi chez les étudiants, cette proportion passe à 60%.
On constate aussi que la moitié des travailleurs à temps plein partagent la même opinion.
Malgré tout, le temps total passé sur les différentes plateformes a diminué, selon les informations transmises par les participants à l’enquête. Si, l’an dernier, il était question de 3h45 par jour passées sur les réseaux, cette année, le total du temps quotidien consacré à TikTok, YouTube et les autres a diminué, pour passer à 2h20, en moyenne, soit même un peu moins qu’en 2024 (2h50).





