L’utilisation croissante des médias sociaux, chez les enfants, a été reliée a une baisse de la performance cognitive; cette conclusion, découlant d’une étude publiée dans le magazine spécialisé JAMA, découle de tests effectués auprès de préadolescents âgés de 9 à 13 ans.
Selon les chercheurs, les jeunes passant plus de temps sur X, Facebook, Instagram et autres Bluesky ont obtenu de moins bons résultats en lecture orale, en rétention d’informations, ainsi que lors de tests de vocabulaire.
Comme le rappellent les auteurs des travaux par voie de communiqué, contrairement aux heures passées à regarder passivement des écrans, notamment pour écouter la télévision ou regarder des vidéos, les médias sociaux nécessitent une participation active pour faire défiler le contenu, vérifier les notifications, et interagir en ligne avec d’autres utilisateurs.
Toutes ces activités viendraient continuellement activer certaines sections du cerveau impliquées dans le traitement d’informations et la prise de décisions. Et c’est cette demande constante pour que le cerveau demeure actif, sur les médias sociaux, qui fait en sorte que cette activité est bien plus demandante, sur le plan mental, que le simple fait de regarder un écran.
Toujours selon les auteurs de l’étude, de précédents travaux avaient déjà démontré que les tendances d’utilisation des médias sociaux, qui peuvent créer une dépendance, sont liées à des problèmes de santé mentale chez les jeunes.
Cependant, dit-on, l’effet sur la performance cognitive – à quel point ces préadolescents pensent, apprennent et traitent les informations – était moins clair.
Pour parvenir à leurs conclusions, les scientifiques ont utilisé des données provenant d’une étude appelée Adolescent Brain Cognitive Development, qui permet de récolter des données à partir de la fin de l’enfance, et à travers l’adolescence.
Au total, c’est le développement cérébral, les habiletés cognitives et les changements comportementaux d’environ 12 000 enfants qui sont évalués, chaque année, à mesure qu’ils grandissent.
Dans le cadre de la présente étude, ce sont 6554 adolescents qui ont été sélectionnés, séparés à parts approximativement égales entre garçons et filles. Des données ont été récoltées à trois moments précis: entre 2016 et 2018, lorsque les sujets étaient âgés de 9 et 10 ans; entre 2017 et 2019, et entre 2018 et 2020.
Un petit groupe qui inquiète
En examinant l’utilisation des médias sociaux par ce groupe de participants, les chercheurs ont constaté l’existence de trois tendances: tout d’abord, la majorité (58%) n’utilisaient que peu, voire pas du tout ces services et réseaux. Ensuite, environ le tiers (37%) s’en servaient peu, mais de plus en plus, alors qu’un petit groupe (6%) s’en servaient beaucoup, et leur utilisation était là aussi en hausse.
Quant à la performance cognitive, celle-ci a été mesurée à l’aide d’une série de tests standardisés; on a ainsi constaté que chez ceux et celles qui se tournaient le plus souvent vers les médias sociaux, les résultats aux tests cognitifs étaient souvent les plus faibles parmi les trois cohortes, particulièrement en ce qui concerne le langage et la mémoire.
De fait, les résultats déclinaient à mesure que les enfants utilisaient ces services numériques, alors que les préadolescents ne s’en servant que peu ou pas obtenaient les meilleurs scores.
En conclusion, pour les chercheurs, il n’y pas de doute possible: les résultats obtenus viennent cimenter l’urgence d’imposer des restrictions en fonction de l’âge pour utiliser les plateformes de médias sociaux.





