Immigrant égyptien, Georges s’est peu à peu intégré à la société québécoise. Mais ses valeurs et ses convictions seront peu à peu ébranlées. Dans la pièce du même nom, jouée sur les planches de La Licorne, l’autrice Nathalie Doummar s’inspire de sa propre histoire pour aborder les questions de l’immigration, des années qui passent et de l’amour filial.
Georges, donc, a généralement le coeur à la bonne place. Mais son comportement évoque aussi, à certaines occasions, les clichés liés aux parents, et plus spécifiquement aux pères. Sorties avec des ami(e)s, consommation de drogue, choix de carrière… Un peu plus, et nous aurions droit à des parents asiatiques qui feraient pression sur leur fils pour qu’il devienne médecin ou ingénieur.
Mais certains clichés sont parfois vrais, et dans le cas de Georges, nous avons droit à un père de famille qui tente d’élever correctement ses deux enfants, Diana (Nathalie Doummar) et Joseph (Neil Elias).
Ce que nous verrons, peu à peu, c’est un homme qui cherche à garder le cap, à pouvoir contrôler le peu de choses sur lesquelles il peut avoir une influence, surtout depuis le départ de sa femme. Mais immigrante ou pas, une famille finit toujours par se transformer; les enfants grandissent, avant de quitter le nid familial.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!
Largement articulée autour de doux souvenirs, mais aussi d’un amour aussi simple que durable, Georges comporte aussi son lot de drames, notamment, dans ce qui semble être une succession rapide de crises, la leucémie du fils et la décision de la fille de quitter son mari pour se mettre en couple avec une femme.
Et c’est peut-être là que l’oeuvre perd un peu de son attrait. Pas parce que les personnages ne sont pas attachants. Pas parce que les acteurs ne sont pas bons – surtout Antoine Yared, dans le rôle de Georges (en alternance avec Manuel Tadros), qui est excellent. Mais parce que la découverte de l’homosexualité de Diana est clairement le point de rupture du monde traditionnel du père de famille. Et que cette transformation provoque quelques flammèches, mais sans plus.
Nous avons bien quelques échanges tendus, mais si la chose est peut-être plus réaliste, elle manque un peu de oumpf, de panache, si l’on peut dire. Les déchirements, les échanges acrimonieux, tout cela se déroule largement en coulisses, entre deux scènes. On aurait aimé casser, pendant au moins un moment, cette image d’une famille où les choses vont bien, malgré tout.
Oeuvre aussi intime que personnelle, oeuvre douce et réconfortante, Georges fait peut-être davantage office de câlin théâtral que de claque. Et à notre époque, nous avons certainement besoin d’un moment, tous ensemble, pour nous rappeler qu’une famille unie, malgré tous les obstacles, c’est encore possible.
Georges, de Nathalie Doummar, une mise en scène de Rose-Anne Déry
Avec Nathalie Doummar, Neil Elias, Manuel Tadros et Antoine Yared
À La Licorne, jusqu’au 7 novembre





