Adaptée de la trilogie de romans islandais de Gyrðir Elíasson, la pièce-lecture La surface blanche a ouvert la 32e édition du Festival international de littérature (FIL), le 23 septembre 2026 à la Cinquième Salle de la Place-des-Arts.
Montée par Mylène Bouchard et mise en espace par Éric Jean, la pièce décrit et explore les tourments psychologiques et créatifs auxquels sont confrontés trois artistes: un peintre, un écrivain et un compositeur.
Campée dans les paysages islandais si loin du Québec, mais qui semblent pourtant si proches lorsqu’on s’y attarde, La surface blanche était une évidence pour ouvrir le festival, tant le propos de Gyrðir Elíasson est proche de la mission du FIL.
Un temps suspendu
Situés dans une époque indéterminée, les récits des trois hommes, interprétés par Maxim Gaudette, James Hyndman et Emmanuel Schwartz, semblent ne se dérouler que sur une seule période: celle d’une réflexion. Pourtant, le temps avance alors que les événements décrits par les personnages se déroulent sur plusieurs saisons et même plusieurs années. Le texte est écrit de manière à récréer cet instant de réflexion que rencontre l’artiste alors qu’il contemple le vide de sa solitude et celui de son art; là où le temps semble s’arrêter.
Sur un ton parfois ironique, l’auteur jette un regard à la fois philosophique, contemplatif et cynique sur sa propre solitude, à la fois amie et ennemie. Il décortique habilement le paradoxe de cette dernière; à la fois utile pour la concentration et la réflexion de l’artiste qui vont mener au développement d’idées et à la création d’œuvre, mais aussi responsable de l’éloignement et de l’isolement du créateur. Cela correspond parfaitement avec l’intention du FIL de réunir les artistes autour de la littérature et de briser l’isolement des créateurs.
Une nature évocatrice
L’Islande semble un pays très loin du Canada. Cela dit, les paysages islandais décrits dans La surface blanche ressemblent à s’y méprendre à ceux de romans du terroir québécois, tel que Le Survenant de Germaine Guèvremont; la forêt profonde, l’hiver tout blanc semblant éternel et créant un sentiment d’exil qui, avec le temps, isole tellement l’individu que le reste du monde leur semble étranger.
Cette nature habilement dépeinte dans le texte de Gyrðir Elíasson sert de décor, mais aussi d’accessoire pour les artistes; de source d’inspiration pour leurs tableaux, leur texte ou leur musique. L’importance de l’environnement dans la création, que ce soient ses bruits, ses images ou ses changements, y est indiscutable.





