Cirque – Un wagon, huit places, des centaines de passagers

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Passagers, c’est le titre du spectacle des 7 doigts de la main qui est présenté à La Tohu, depuis le 14 novembre et jusqu’au 5 janvier prochain. S’il s’agit bien là d’un spectacle de cirque, où sont représentées pas moins de dix disciplines de l’art circassien, il s’agit aussi de danse, de théâtre, et de chant.

Tout ça dans un seul spectacle, c’est un peu comme sept doigts dans une main : on a dû trouver de la place pour que tout puisse tenir et on y est arrivé.

Passagers, c’est un peu un spectacle initiatique, mais c’est surtout un « road movie » avec tout ce que cela implique d’esprit d’aventure, mais aussi d’intériorité, de regard sur soi-même, de confession à l’autre. Et si, sur scène, on pouvait voir et admirer ces huit passagers, dans la salle, peu à peu, ce sont des centaines de passagers qui sont montés dans ce train, qui ont eu envie d’aller jusqu’au bout du voyage avec cette troupe plus humaine que nature.

Malgré une qualité généralement bonne, quelques prestations sont ressorties du lot et ont même été remarquables. Parlons du numéro de mât chinois qui, malgré sa longueur, a tenu la salle en haleine. Sans chercher à être tellement spectaculaire, l’artiste a plutôt trouvé le moyen de toucher le public avec une gestuelle qui allait au-delà de l’acrobatie. Nous étions là, à l’écouter alors qu’il n’émettait pourtant aucune parole.

Pour le numéro de hula-hoop, c’est une tout autre ambiance qui régnait et nous étions plusieurs à nous dandiner au rythme entraînant de la musique et des ondoiements de Freyja Wild. Le trapèze fixe fut peut-être le numéro le plus surprenant, le plus innovateur alors que la performance des deux athlètes, au cadre russe, nous donnait des courbatures, juste à les regarder. La performance au tissu et celle aux différents main à main nous en ont aussi donné pour notre argent.

Par contre le numéro de contorsion et celui de fil de fer ont duré un peut trop longtemps et ont fini par nous lasser un peu. Notons aussi quelques erreurs au hula-hoop, en jonglerie et au fil de fer.

Par ailleurs, pour bien soutenir et enrober le tout, les choix musicaux étaient particulièrement bien complémentaires au ton des prestations, de même que les éclairages. À certains moments, les projections étaient tellement efficaces qu’elles créaient des illusions d’optique très appropriées.

D’après une idée de Shana Carroll, le spectacle est mis en scène et chorégraphié par Mme Carroll, assistée d’Isabelle Chassé, et interprété par les artistes Sereno Aguilar Izzo, Louis Joyal, Maude Parent, Samuel Renaud, Brin Shcoellkopf, Sabrine Van Rensburd, Freyja Wild et Connor Wild.

Réservez dès maintenant vos places sur ce train magique et hors du temps.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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