Paru en avril dernier, sous le titre Les vertèbres de Joséphine, la destinée de la poétesse innue chérie du Québec se lit telle une ode à sa liberté et à son imaginaire à travers les pages de ce récit enlaçant histoires et poèmes.
Rédigé par deux amies d’écriture et d’âme – Joséphine Bacon et Laure Morali – l’œuvre est une fenêtre grande ouverte sur l’existence de l’honorable représentante de Pessamit sur la Côte-Nord, ses rencontres avec le monde urbain de la métropole, et son ancrage aux traditions immortelles « de plus de dix mille ans. »
Elle ouvre les yeux pour la première fois en 1947. Et depuis, Joséphine Bacon éblouit partout avec son regard azur des beaux jours et sa poésie incarnée. L’autrice révèle dans cet énième ouvrage chez Mémoire d’encrier un art à raconter. « J’aurai bientôt 80 ans. C’est à mon tour de transmettre. Aujourd’hui, je prends ma place d’aînée. » Une mise en mots de ses pensées et souvenirs transmise par la délicate intervention de la plume de sa complice Laure Morali. Parce que sa tradition innue est avant tout orale, la lecture de ses « Vertèbres » est un legs en soi.

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À la genèse du livre, deux femmes qui se connaissent et s’admirent. L’engagement de Joséphine à garder vivante sa langue et ses mots en innu-aimun qui abondent dans le récit. Des poèmes s’invitent en français et en innu, reflets d’un imaginaire dans l’autre. On roule sur la 138 tout là-bas, direction Pessamit, terre maternelle, terre de déracinement pour la petite Joséphine qui survivra jusqu’à l’âge de 19 ans au chapitre douloureux du pensionnat de Mani-Utenam. « Les religieuses m’appelaient Bibitte. Ces années-là, mon dos n’était pas aussi solide qu’il aurait dû l’être. » Puis survient le départ vers la grande ville de Montréal, cité des cinéastes, des artistes et des anthropologues qui constitueront sa seconde famille.
Incroyable mémoire de la poétesse, qui détaille avec tant d’acuité et précision les êtres et les animaux, de la fiction à la réalité. Des récits sur la survie des caribous dans la toundra. La condamnation des âmes leur voulant du mal. La Nature a toujours le dernier mot dans la cosmogonie de son peuple. « Tout Innu sait que venir troubler l’ordre naturel aura des conséquences. » Aucune force extérieure ne fera courber son échine, son audace d’être femme par sa propre gouverne.
« Tu dois avoir la colonne forte, et les vertèbres mobiles, pour porter ton enfant, ta maison, ou tes grands-parents. Tu es nomade. Je suis née débout. »
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