Comment renverser un ennemi qui ne connaît que la guerre, qui règne sur des milliers de mondes, et qui ne semble pas connaître la notion d’individualité? Voilà la fascinante question que pose le duo d’auteurs ayant pris le nom de plume James S.A. Corey dans The Faith of Beasts, deuxième tome de la trilogie The Captive’s War.
Après The Mercy of Gods, où les deux hommes à l’origine de l’excellente série The Expanse avaient jeté les bases d’un nouvel univers, un monde où une branche de l’humanité vivant sur la planète Anjiin était envahie, puis asservie par les terribles Carryx, voilà donc la suite de cette série où les humains, loin d’avoir les ressources pour se rebeller, sont en fait à la merci de leurs geôliers.
Pire encore, The Faith of Beasts représente une tentative de démontrer à quel point quelques milliers d’humains ne représentent pratiquement rien dans le cadre d’un conflit qui ravage une partie de la galaxie. Ici, point de batailles titanesques, d’affrontements héroïques, ou encore de sacrifices sur fond de musique dramatique.
En fait, les seuls combats dont nous sommes témoins sont narrés du point de vue de gens terrifiés qui ignorent très largement ce qui se passe, et qui ont surtout envie de se rouler en boule en espérant survivre.
Non: nos héros, traumatisés et brisés par leur captivité, doivent apprendre à survivre dans un contexte qui leur est quasiment entièrement étranger.

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Mais cette « petitesse » de l’humanité au sein de l’immensité de l’empire des Carryx joue aussi en leur faveur: car toute organisation qui prend de l’expansion est éventuellement confrontée à son propre poids, à sa propre inertie. Et pour les Carryx, justement, dont les façons de faire s’appuient sur des millénaires de pratique, il peut être bien tentant de ne pas trop s’inquiéter de ces nouveaux venus aux allures de primates…
Rendons à César ce qui lui appartient: oui, The Captive’s War laisse un peu le space opera de côté. Mais les deux auteurs, Daniel Abraham et Ty Franck, excellent toujours lorsque vient le temps de raconter l’histoire de gens ordinaires et à susciter de l’empathie pour ces individus emportés par la houle de l’histoire.
En refermant The Faith of Beasts, on se prend à se demander comment il sera possible de compléter cette saga dans le troisième et dernier volume. De quoi alimenter encore plus notre envie de lire ce prochain roman…





