Les fausses nouvelles et la désinformation en ligne sont-elles déjà devenues des problèmes d’ampleur nationale? Selon des données récemment diffusées par Statistique Canada, il semblerait bien que cela soit effectivement le cas, alors que 80% des Canadiens ont dit être exposés à ce type de contenus, sur le web, au moins une fois par mois.
« Les gens doivent désormais assumer la responsabilité supplémentaire de remettre en question l’exactitude de ce qu’ils voient et lisent en ligne, tout en étant plus susceptibles d’être exposés à des formes sophistiquées de contenu trompeur ou faux, comme les contenus inventés, les images manipulées et les hypertrucages », écrivent ainsi les auteurs de l’étude intitulée Évolution des perceptions relatives à la mésinformation au Canada: tendances en matière d’exposition, de détection et de confiance.
Ces données, qui remontent à l’an dernier, s’inscrivent dans la continuité d’une autre tendance inquiétante, dans la sphère médiatique canadienne: en 2023, déjà, 60% des Canadiens se disaient « très » ou « extrêmement » inquiets de la présence de « mésinformation » sur le web.
Ces craintes pourraient être liées au fait que les gens d’ici se tournent très largement vers les réseaux sociaux, notamment TikTok, Facebook, Instagram et autres WhatsApp, pour aller chercher leurs nouvelles… Même si les médias traditionnels et les proches, indique l’étude, demeurent des sources plus prisées pour se tenir au courant de l’actualité – Statistique Canada ne précise cependant pas où ces proches en question s’informent.
Par ailleurs, les sources d’information varient fortement en fonction des groupes d’âge: chez les 15-34 ans, sans surprise, ce sont les réseaux sociaux qui sont le principal endroit où l’on va chercher des nouvelles (78%). Alors que chez les 75 ans et plus, cette proportion chute à seulement 19%.
La nouvelle publication de l’agence fédérale dévoile des tendances similaires à celle d’une enquête NETendances, publiée en février dernier, où il était indiqué qu’un Québécois sur trois était confronté aux fausses nouvelles sur une base quotidienne.

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Vrai ou faux?
En 2025, toujours, près de la moitié (47%) des Canadiens « déclaraient qu’il était plus difficile de distinguer les véritables nouvelles ou informations des fausses par rapport à trois ans plus tôt ». Et pour 42% des Canadiens, il est toujours aussi difficile de faire la distinction entre le vrai et le faux.
Selon l’étude de Statistique Canada, les femmes (49%) sont légèrement plus nombreuses que les hommes (46%) à indiquer avoir eu plus de difficulté à distinguer les vraies nouvelles des mensonges, au cours des trois dernières années.
Fait intéressant, les Canadiens sans diplôme d’études secondaires sont moins nombreux à indiquer éprouver de la difficulté à distinguer le vrai du faux, en ligne, que ceux ayant complété le baccalauréat ou un niveau d’éducation supérieur.
« Cette constatation, précise Statistique Canada, ainsi que celle selon laquelle les personnes ayant un niveau de scolarité plus élevé sont davantage susceptibles de déclarer avoir été exposées à la mésinformation, donne à penser que les Canadiens plus instruits sont peut-être plus souvent exposés à des environnements informationnels complexes. Ceux-ci seraient également plus conscients des défis associés à l’évaluation des renseignements en ligne. »
Enfin, les personnes disant faire davantage confiance aux médias sont plus susceptibles de penser pouvoir faire la différence entre les véritables informations et les fausses nouvelles, ajoute-t-on.





