Malgré qu’il ait été écrit en 1994, ce n’est qu’en 2026 que la traduction française de White Devils est apparue sur les tablettes, grâce aux bons soins de la maison d’éditions Monsieur Toussaint Louverture, sous le titre Diables blancs, un des derniers ouvrages du regretté James Robert Baker.
Racontée à la première personne comme un aveu, une confession ou même un testament, c’est l’histoire d’un écrivain, Tom, qui, après avoir un connu un grand succès (rééditions, droits de télé, format de poche), se retrouve dans la dèche et risque de tout perdre: sa magnifique maison, son mode de vie, sa place dans le monde littéraire. Les dettes encourues par sa compagne à la suite d’un échec en affaires ne viennent pas améliorer les choses.
À la suggestion de Beth, sa compagne, Tom met son orgueil de côté et tente de soutirer une aide financière à son beau-père, écrivain multimillionnaire dont il méprise le travail. Cette tentative ayant échoué, c’est là que l’histoire dérape. En fait, certains diront que Tom s’est compromis par avance lorsqu’il s’est mis en couple avec Beth, une femme brillante, torturée et très instable. C’était immanquable, le narcissisme teinté de mythomanie de sa femme, ouvrira à Tom un chemin qu’il ne refusera pas, hélas, d’emprunter.

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Ainsi, Tom et Beth ourdiront un complot qui ne tient pas debout, mais qui ne décourage pas le lecteur, au contraire. Nous savons que ça ne fonctionnera pas. C’est mal ficelé, trop d’impondérables ne sont pas pris en compte et, en fin de compte, ça n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est l’intention de l’auteur. C’est la critique d’une société, d’un mode de vie. C’est la mise au ban du rêve américain, remplacé par le cauchemar américain.
Le style est direct, corrosif, assez jouissif par moments. Ayant mis en place un complot meurtrier, Tom se dédouane en se disant qu’il a des principes car il refuse d’écrire au nom de quelqu’un d’autre. Voilà le genre d’effronterie que l’auteur met dans la bouche de ses personnages, pour tartiner et retartiner sa satire d’une certaine élite culturelle ou politique.
Le propos est gros, mais jamais grossier. Il faudrait faire exprès pour ne pas comprendre. Cet ouvrage devait être publié.
Ma seule réserve concerne la surabondance des références cinématographiques.





