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eule sur scène ou presque, Angélique Willkie se met à nu pour nous livrer la confession de son existence, un récit biographique où elle étale tout, dans une sincérité totale, mais avec une grande économie de mots; des gestes plutôt, une danse musicale et chantée où c’est le corps et sa rage qui s’expriment, ou sa douceur et sa résignation.

Bien des espèces animales émettent de la lumière : crustacés, méduses, poissons, vers luisants… Et nombreuses sont celles qui appartiennent au monde sous-marin, dans les abysses que la lumière du Soleil n’atteint jamais. Bright Worms, la proposition signée Louise Michel Jackson et Magali Babin, présentée à La Chapelle à Montréal, met le spectateur face à la réalité du tout autre, de l’absolue étrangeté avec ses beautés, ses fragilités et son bouillonnement de vie, loin très loin de la présence et aussi de l’intelligence des humains.

Une petite salle. Une salle minuscule, en fait. Et un public plus que réduit, le bas du visage mangé par le masque obligatoire. Pandémie ou pas, rien n’empêche cependant Mathieu Arsenault, seul sur scène, de se livrer à un réquisitoire endiablé contre le côté « gnan-gnan » de la culture et de notre société de consommation. Fort heureusement, d’ailleurs, car cette Vie littéraire tombe à point nommé.

La Chapelle a 30 ans; la petite salle de spectacle, nichée dans un bâtiment d’allure industrielle, à pas même un coin de rue du boulevard Saint-Laurent, à Montréal, soufflera les (très) nombreuses bougies de son gâteau d’anniversaire dans un contexte à tout le moins chamboulé. Cela n’empêche pas le lieu de création de célébrer comme il se doit. Entrevue.

Existe-t-il une pièce de théâtre qui est à la fois aussi classique et contemporaine que Macbeth? L’oeuvre de Shakespeare, qui porte entre autres sur la soif de pouvoir et le côté aliénant de la puissance, trouve depuis des siècles de nouvelles apparences, en fonction de l’époque et du contexte social. Voilà donc une version métal, Mac(death), qui est présentement jouée à La Chapelle.

L’heure est à la contestation. La contestation du système démocratique, du masculinisme toxique, de l’économie capitaliste, de la vie – avec ou sans V majuscule –… Bref, il faut dénoncer, et Contre la suite du monde, présenté à La Chapelle, n’érige jamais de moulin à vent sans lui donner la charge tout de suite après.

Une population blasée par l’état de la société actuelle. Des citoyens qui s’estiment déconnectés des politiciens et du processus démocratique et électoral. Non, nous ne sommes pas en pleine campagne électorale fédérale, mais plutôt sur le plateau de Contre la suite du monde, une oeuvre « participative » qui sera présentée quelques jours seulement après la fin des 43e élections générales canadiennes. Entrevue.

Difficile de bien décrire Ouff, une oeuvre d’Alexis O’Hara présentée à La Chapelle. Dans la petite salle presque cachée dans un recoin anciennement industriel du Plateau-Mont-Royal, des cordes tendues délimitent froidement ce qui s’avérera être le terrain de jeu socio-économique de l’artiste.