Le groupe australien King Gizzard and the Lizard Wizard a beau multiplier les propositions, chaque nouvel album possède généralement quelque chose de nouveau, voire d’audacieux. Et il arrive, dans certains cas, que le disque soit une révélation. Avec Alien Metal, la formation musicale propose rien de moins qu’un voyage intersidéral… avec du boum boum en prime.
Sur la forme, on pourrait peut-être se dire que le groupe se répète: en effet, Alien Metal reprend une structure similaire à celle du fantastique Nonagon Infinity, sorti il y a 10 ans déjà. On y enfilait les pistes comme autant de chapitres d’une même histoire. Avec une progression très largement fluide qui donnait l’impression d’écouter une seule et (très) longue chanson.
Ici, point de rock déjanté, voire de métal. Pas de pentagrammes, non plus, ou d’histoire de vautour géant dans lequel entrent trois membres du groupe – confortablement, je vous prie –, ou encore de sages mystiques invoquant des créatures surnaturelles.
Non, s’il y a bien Metal, dans le titre de ce 28e (!) album du groupe, il ne faut pas oublier le qualificatif Alien qui lui est accolé. Alien, oui, comme dans étrange, mystérieux. Comme si nous plongions dans un monde où non seulement les voyages spatiaux sont possibles, mais où des civilisations extraterrestres entrent en contact avec l’humanité.

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S’il ne s’agit pas de la première incursion dans le territoire de l’électronique, pour King Gizzard – on peut penser à Intrasport, entre autres, sur l’album K.G., à la fin de la toute dernière pièce du disque de métal PetroDragonic Apocalypse, ou bien entendu à l’intégralité de The Silver Cord, sorti tout de suite après –, cette fois, les influences sont particulièrement claires.
Après avoir passé des années à non seulement sur disque, mais aussi sur scène, de la musique électronique, donc, on offre ici une fusion entre la musique des années rave, ce sous-genre de l’électro de la fin des années 1990 et du début des années 2000, et quelque chose d’obscur, d’insaisissable, de quasiment dérangeant.
Et bien franchement, si la chose est quelque peu déconcertante, au cours de notre première écoute – imaginez entendre des sonorités rappelant les Chemical Brothers, le tout mélangé à une atmosphère évoquant à la fois les sonorités moyen-orientales et une trame musicale qui viendrait de Tau Ceti –, il suffit de se laisser emporter pour sortir de notre rêverie, trois quarts d’heure plus tard, et constater que l’album est terminé.
D’ailleurs, à l’instar de Nonagon, voilà que nos joyeux drilles ont encore une fois fini leur dernière piste – Atomic Collapse, bonjour la signification – sur une mesure qui s’emboîte parfaitement avec la toute première note de la première pièce, Sapience, là encore un nom de chanson lourd de sens.
Alien Metal est un disque nerveux, innovant, un peu baveux sur les bords, et marque peut-être l’apothéose de cette « période électronique » de KGATLW. Une proposition franchement prenante, que l’on écoutera joyeusement en boucle, en cherchant cette communion sonore avec ce qui existe peut-être quelque part, loin dans l’espace.
Est-ce le meilleur album du groupe? Non; Changes, dans toute sa simplicité, occupe probablement la première marche du podium. Mais comme proposition champ gauche, Alien Metal est quelque chose d’extrêmement solide. À découvrir.





