La peau de mon chien, publié chez les éditions XYZ, vient de paraître sous la plume de Mathieu Blais. C’est un ouvrage qui hésite entre l’autofiction, l’enquête journalistique et le parcours initiatique.
La prétendue enquête qu’un ancien journaliste, et maintenant prof d’université, choisit de reprendre sous un regard nouveau n’est pas de son initiative. Il s’agit plutôt de la demande provenant de membres d’une communauté isolée, au nord de La Tuque, au Québec. De nombreuses années auparavant, le personnage principal avait accablé cette communauté dans une série d’articles et on souhaite aujourd’hui qui remette les pendules à l’heure.
Le roman nous raconte cette nouvelle enquête, mais il s’agit là d’un prétexte à l’auteur pour faire vivre au personnage principal un retour sur lui-même, sur sa vie, sur ses choix, sur ses convictions.
À certains moments, le héros est tellement troublé par l’appel de la nature et de la liberté qu’il choisit de retourner dans la communauté, à « l’autre bout du monde », alors que son amoureuse se bat contre le cancer, au risque de ne plus la revoir vivante.

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Ce n’est la seule contradiction présente chez le personnage. À plusieurs reprises, l’auteur utilise un terme et son contraire, comme si son personnage n’arrivait jamais à savoir ce qu’il pensait ou souhaitait vraiment.
À l’opposé d’un discours simple et accessible quand il parle de la forêt, l’universitaire s’égare, ou tente de nous égarer, à l’occasion, avec des tirades comme celle-ci:
J’avais encore la conviction que la totalité discursive médiatique nationale était saisissable dans ses constructions, ses répétitions, ses aphorismes et ses grands titres. […] Je me cantonnais dans une forme de théorie sociologique neutre, celle des ensembles de la transversalité idéologique, celle de la totalité structurelle dynamique. Celle, peut-être, d’un cynisme de la tour d’ivoire : engagé, bien-pensant, et presque froidement inutile.
Dans la description que l’auteur fait du développement de la communauté et plus particulièrement de l’occupation du territoire, je n’ai pu m’empêcher de trouver qu’il y avait une certaine forme d’appropriation culturelle.
Le mode de vie, les rites de passage, la méfiance envers l’étranger, mais encore plus envers les institutions (Santé publique, Protection de la jeunesse) et même jusqu’à l’existence d’un chamane qui vit en ermite me font penser à de nombreux récits des Premières Nations.
Tout cela est narré dans un style touffu, répétitif par moments, mais surtout riche et dépositaire d’une ambiance impressionnante.





