Quel bonheur de finalement pouvoir savourer ce Coyote vs. Acme, film qui a bien failli ne jamais se rendre à nous. Un régal qui ravira les fans et nostalgiques, tout en ne manquant pas d’attraper au passage de nouvelles générations qui auront envie sans hésiter de se plonger dans les aventures de ces bons vieux Looney Tunes.
Qu’on se le tienne pour dit, Coyote vs. Acme n’est pas à proprement dit un film de Looney Tunes, mais plutôt à la fois une lettre d’amour et un petit délire parfaitement méta qui ramène le coeur d’enfant à tous ceux qui ont grandi avec ces irrésistibles dessins animés.
Avec la thématique universelle de David contre Goliath, toujours plus actuelle de jour en jour, amenant comme message de ne pas hésiter à se tenir debout devant les grandes corporations, c’est aussi une proposition qui rappelle que la victoire n’est pas toujours celle que l’on croit et que les amis qu’on se fait au passage sont souvent bien plus précieux.
Bref, un film qui saura toucher tout le monde et fait avec un doigté évident.
C’est aussi un beau clin d’oeil à la force des films hybrides qui savent marier brillamment les diverses formes d’art, ici l’animation et la prise de vues réelles, sans toutefois atteindre les sommets d’un certain Who Framed Roger Rabbit.

Inspiré d’un article parodique paru dans The New Yorker, sous la gouverne de James Gunn – qui n’a pas dirigé le projet final, ce qui nous évite les enfantillages et les obscénités gratuites –, le long-métrage nous transpose à notre époque en mode fantasmé, où les humains et les dessins animés cohabiteraient.

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Là où l’histoire devient intéressante, c’est lorsque le fameux Coyote du titre, oui-oui, celui qui tente incessamment d’attraper pour de bon le Road Runner, décide de poursuivre en justice Acme, la compagnie responsable de tous ses maux, ses blessures et ses innombrables échecs.
C’est que derrière ces défauts de fabrication aux allures anodines, se cache un secret qui, on s’en doute, est bien plus sombre et important qu’on oserait le croire.

Comme notre protagoniste animé ne parle pas et qu’on ne pourra pas utiliser ses affichettes limitées pour fournir les dialogues, on se range plutôt du côté du toujours irrésistible Will Forte, dans la peau de Kevin Avery, avocat qui se retrouvera bien malgré lui à défendre l’impitoyable prédateur, et de la pétillante Lana Condor dans le rôle de sa nièce.
Autour d’eux graviteront une tonne de cameo des personnages de la Warner et les bouilles amusantes des nombreux Martha Kelly, John Cena, P.J. Byrne et Luis Guzmán.
S’étirant un peu au fil de certaines répétitions et d’un certain manque de surprises, il n’en demeure pas moins que le film est d’une éclatante intelligence, surtout à l’écrit, et d’un enthousiasme qui se communique grandement.
Une part du scénario est d’ailleurs de la plume de Samy Burch qui s’était déjà fait la main dans les couches textuelles pour le mystérieux May December de Todd Haynes.
À la musique, Steven Price s’amuse aussi à incorporer les fameux « Beep Beep » du Road Runner à ses compositions que chantonnent avec grand sérieux son choeur, pendant que la magnifique Ouverture 1812 de Tchaïkovski utilisée dans les bandes-annonces trouvera un bel écho dans le film.

C’est aussi le premier vrai projet mémorable du réalisateur Dave Green, qui avait certainement plus impressionné avec le vidéoclip parodique New Romance, pour Miles Fisher, dans le cadre de la sortie d’un énième Final Destination, que pour ses deux longs-métrages familiaux qu’étaient Earth to Echo et un Teenage Mutant Ninja Turtles qu’on a déjà oublié.
Du reste, Coyote vs. Acme brille lorsqu’il nous fait rire, mais aussi quand il parvient avec brio à nous émouvoir. Un projet de coeur dont les bonnes intentions et le talent se font sentir tour à tour, prouvant à nouveau que l’amitié sait sans mal trouver toutes sortes de formes, pour notre plus grande satisfaction.

7/10
Coyote vs. Acme prend l’affiche en salles le vendredi 28 août.





