Le samedi 25 avril dernier, le Festival littéraire international Metropolis Bleu a reçu, pour sa 28e édition, l’auteur Daniel Tammet pour parler de son dernier livre Des pierres, ils ont fait des étoiles. Cette discussion avec l’écrivaine, éditrice et traductrice Katia Grubisic était aussi l’occasion d’échanger sur l’autisme, sur sa place dans le monde littéraire ainsi que sur le changement de mentalité des neurotypiques envers les personnes autistes.
Des pierres, ils ont fait des étoiles est un recueil de témoignages de neuf personnes autistes provenant d’un peu partout à travers le monde. Il se veut être une célébration des dons et talents particuliers que les personnes de ce spectre peuvent avoir ainsi que la diversité présente dans cette communauté elle-même.
Dès le début de l’événement, Daniel Tammet, lui-même autiste-Asperger, a soutenu que, selon lui, « les vies de personnes neurodivergentes avaient leur place dans la littérature autant que n’importe quelle autre vie ». En effet, son but premier, lors de l’écriture de son livre, était de partir à la rencontre d’autres personnes autistes et de raconter leur histoire souvent rendue invisible dans le milieu littéraire ou la société en général.
« On est à la fois des pierres et des étoiles. »
-Daniel Tammet
Lorsqu’on lui a demandé d’expliquer le titre de son livre, M. Tammet a d’abord souligné que le nom original, Nine Minds: Inner Lives on the Spectrum, ne pouvait pas être traduit mot pour mot en français parce qu’il n’y a, selon l’auteur, aucun équivalent assez exact pour le mot mind.

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Pour trouver les mots justes, il a dû revenir à l’essence même de ce projet: tenter de transformer quelque chose de lourd en quelque chose de très lumineux. Autrement dit, il voulait faire des récits des différentes personnes qu’il a rencontrées, sans pour autant les modifier, des messages d’espoir. Daniel Tammet désirait rappeler que même une situation difficile peut donner naissance à quelque chose d’extraordinaire. Il s’est donc inspiré d’un poème de Rainer Maria Rilke pour créer un titre en français pour son livre.
« Se sentir capable d’aller au-delà de ce que la société propose. »
-Daniel Tammet
Pendant la discussion, l’auteur a rappelé que pendant très longtemps – et même encore aujourd’hui –, les scientifiques possédaient plusieurs certitudes à propos des personnes autistes qui se sont révélées fausses. Parmi celles-ci, M. Tammet évoque l’idée que les autistes seraient, par exemple, dénués de toute imagination et que, par le fait même, un auteur ne pouvait pas être autiste, simplement parce qu’il savait inventer des histoires.
L’auteur a démenti cette idée en expliquant qu’il existait différentes formes d’imagination et différentes façons singulières de comprendre le monde. Ainsi, il a rappelé que l’autisme n’est pas une case que l’on coche, mais un spectre très large et que, bien que certains traits puissent être similaires d’une personne à l’autre, tous les autistes sont différents et manifestent leur neuroatypie différemment.
D’après Daniel Tammet, toujours, la société a également tendance à limiter les personnes autistes en croyant qu’elles sont de facto limitées. Selon l’écrivain, c’est la pensée neurotypique qui est contraignante et non pas l’inverse. En effet, par exemple, les personnes autistes sont souvent plus attentives aux détails, ce qui explique leur perception du changement dans un monde perpétuellement en mouvement.





