Après avoir baigné, à titre de journaliste et d’enquêteur, dans toutes les magouilles associées à l’attribution des contrats de travaux publics, voilà qu’André Noël nous livre un nouvel opus.
Paru dans la collection Boréal noir, Sale Ville met en scène une jeune ingénieure fraîchement émoulue de Polytechnique et fille d’un entrepreneur en construction dont l’entreprise peine à survivre. En effet, Construction Albert Simon inc. ne fait par partie du club fermé des entrepreneurs véreux qui bénéficient d’un stratagème illégal d’attribution des contrats. Plusieurs se rappelleront la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, tenue au Québec, aussi connue sous le nom de Commission Charbonneau.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!
C’est exactement le genre de stratagème, mis en lumière lors de la Commission, auquel sera confrontée Valérie lorsqu’elle prendra la direction de l’entreprise de son père, qui n’est plus en mesure de l’administrer, atteint qu’il est par une forme de dégénérescence. Elle apprendra comment fonctionnent les choses et refusera de se faire barrer la route par des entrepreneurs malhonnêtes et des politiciens corrompus. Et c’est là que ça devient particulièrement intéressant.
En effet, peut-être par souci de réalisme ou simplement par un grand talent de littérateur, André Noël nous raconte une histoire qui se tient bien, qui pourrait avoir valeur de reportage, tellement on y croit. Et ne tentez pas de deviner la fin: elle est imprévisible, mais plausible.
Tout au long du roman, on fait connaissance avec des personnages qui se définissent bien mais qui maintiennent une part de mystère. Le lecteur garde ainsi la possibilité d’imaginer une fin ou une autre.
On se prend d’amitié pour certains personnages alors que d’autres nous font grincer des dents. Et, au passage, l’auteur livre un message féministe en plus de démontrer un intérêt pour la protection des travailleurs saisonniers dans l’agriculture. Mais le plus étonnant dans cette histoire, c’est le cheminement très particulier de l’héroïne dont nous ne dévoilerons rien, pour éviter de gâcher le plaisir des lecteurs.





