Les rencontres entre humains et espèces extraterrestres sont légion, dans la littérature de science-fiction. Mais que se passerait-il si une oeuvre délaissait le côté plus flamboyant de cette rencontre du troisième type pour plutôt s’intéresser à quelque chose de plus intime, quelque chose de plus personnel?
Premier roman de ce qui doit être une série de cinq, Axiom’s End, de l’autrice Lindsay Ellis, imagine une année 2007 où le gouvernement américain est largement mis en échec par un certain Nils Ortega, combattant de la vérité de son état, et qui gère ce qui pourrait être l’équivalent de WikiLeaks.
Nils, donc, distribue une note d’information évoquant la présence d’extraterrestres sur le sol américain, des visiteurs qui seraient en fait là depuis des décennies.
Au même moment, la fille de Nils, Cora Sabino, qui ne veut d’ailleurs absolument rien savoir de son père, se retrouve bien malgré elle embrigadée dans une bien étrange affaire mêlant diplomatie intersidérale, dynasties génétiques, tentatives de communication interespèces et ce qui pourrait bien être l’équivalent d’un drame interpersonnel impliquant des créatures aux allures de réfrigérateurs.

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Ce que l’on va rapidement constater, en fait, c’est que les extraterrestres ne sont pas venus sur Terre pour nous rendre visite, mais plutôt parce que notre planète n’était qu’une halte routière spatiale s’avérant bien utile pour tenter d’échapper à des poursuivants souhaitant commettre rien de moins qu’un génocide.
Pourtant, cette situation abracadabrante sera aussi l’occasion de multiples échanges entre notre héroïne et « son » extraterrestre, surnommé Ampersand. Ensemble, ils tenteront d’établir suffisamment de ponts linguistiques, mais aussi socioculturels et étymologiques, pour pouvoir échanger plus de quelques mots à la fois.
Bien franchement, en lisant le résumé de l’intrigue, on pouvait s’attendre à quelque chose de plus classique. Quelque chose de plus audacieux, une grande épopée impliquant les dirigeants de notre monde, possiblement sur fond d’émeutes religieuses… Quelque chose comme Arrival, peut-être.
S’il est bien agréable de constater que Mme Ellis échappe à la folie des grandeurs qui caractérisent parfois les auteurs de science-fiction, eux qui peuvent, en quelques frappes sur leur clavier, présider à la destinée d’espèces entières, les amateurs du genre seront peut-être légèrement désarçonnés, en ayant l’impression, en début de parcours, que les choses les plus importantes se déroulent hors champ, si l’on puis dire.
Mais en se concentrant sur le personnel, sur l’intime, l’autrice s’intéresse à ce qui est universel: la volonté de se comprendre, d’échanger; les difficultés à établir des rapports avec une personne (ou, comme ici, avec une entité) avec laquelle nous n’avons rien en commun; l’importance de la confiance pour cimenter les relations, etc.
En proposant également des personnages tout à fait faillibles et fragiles – et oui, même les visiteurs venus d’ailleurs sont faillibles et fragiles –, Lindsay Ellis rend tous ces gens très humains, à défaut de pouvoir choisir un meilleur mot.
Roman surprenant, Axiom’s End représente une contribution particulièrement intéressante à la science-fiction. Quelque chose à ajouter à la bibliothèque des amateurs qui souhaitent du renouveau.
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