La version de démonstration était prometteuse, mais avait également très peu tendance à pardonner les erreurs, ou encore les hésitations; la version complète du jeu Artificial Extinction 2, elle, est un peu plus généreuse, en termes de difficulté, mais montre aussi rapidement les limites du titre.
Mi-jeu de tir à la première personne, mi-tower defense, mi-jeu de stratégie en temps réel, Artificial Extinction 2 nous jette dans le feu de l’action, alors que nous, pauvre intelligence artificielle au sein de laquelle on a injecté un soupçon d’humanité, devons affronter notre ancien maître dans une série de batailles.
Lesdites batailles, dans la plus pure tradition des jeux de tower defense, se dérouleront sur des cartes où les ennemis seront normalement canalisés à travers certains points d’approche, qu’il faudra donc défendre.
Pour ce faire, nous devrons développer une économie; enfin, plutôt récolter des ressources, tout en s’assurant de disposer de suffisamment d’énergie pour alimenter nos installations. Et pour protéger tout cela, nous aurons accès à une série de technologies militaires permettant de combattre des ennemis terrestres, mais aussi aériens.

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Car voilà, peut-être, ce qui peut représenter la grande inconnue de ce jeu. Après tout, nous savons d’où arrivent les fantassins et les robots blindés. Mais les engins aériens, eux, peuvent apparaître à n’importe quel moment, à n’importe quel endroit. Il faudra donc s’assurer de disposer d’un réseau de défense suffisamment solide. Ce que le jeu recommande en toutes lettres, d’ailleurs.
Sur papier, la formule fonctionne: on apprécie franchement ce côté stratégie dans l’urgence, avec des tourelles à remplacer, d’autres à réparer, et un personnage qui n’est pas une présence immatérielle, quelque part dans un QG volant, mais plutôt une véritable entité, avec les deux pieds au sol, et qui peut donc mourir de sa belle mort en recevant un peu trop de munitions en pleine tête.

Mais c’est peut-être là, aussi, où le bât blesse le plus. Car outre cette idée d’aller chercher un artefact, au début de chaque mission, histoire de lancer le compte à rebours de 30 minutes nous séparant du retour de notre vaisseau mère, jouer en première personne n’apporte rien de bon.
Certes, le premier jeu de la série se déroulait exclusivement à travers cette perspective, mais ici, on aurait pu l’éliminer complètement, puisque notre personnage est si fragile que cela ne donne pratiquement rien d’attaquer les ennemis directement.
Autre enjeu, on ignore s’il s’agit de quelque chose qui se débloque plus tard, durant la campagne, mais l’arbre technologique mis à notre disposition manque cruellement de boucliers et autres blindages. Certes, les tourelles de défense, voir les extracteurs miniers, sont dotés de protections, mais le jeu nous force à multiplier les générateurs et les ordinateurs quantiques, deux bâtiments qui sont particulièrement fragiles.
Il ne faut alors qu’une bombe tombée dessus, au hasard du passage d’un engin volant ennemi, pour que la moitié de votre base ne parte en fumée. Passe encore qu’une mauvaise planification n’entraîne des dégâts; mais dans ce cas-ci, la chose semble surtout tenir de l’événement aléatoire, ce qui augmente d’autant la frustration du joueur.

Ajoutez à cela un rythme de construction particulièrement lent, et vous vous retrouvez avec un bien drôle d’équilibre entre un jeu à atmosphère oppressante, où chaque décision compte, et un jeu de plus grande envergure, où l’on est un peu plus « détaché » de l’action.
Bien franchement, pour ce qu’il propose, Artificial Extinction 2 est un bon jeu. Surtout que la chose a été développée par une seule personne. Mais cette constante recherche d’équilibre finit par nuire au plaisir. Et c’est bien dommage.
Artificial Extinction 2
Développeur et éditeur: 100Hr Games
Plateforme: Windows (testé sur Steam)
Jeu disponible en français





