Artificial Extinction: colonisation et explosions

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Envoyé préparer le terrain pour la future colonisation d’une nouvelle planète, vous devrez y survivre au moins neuf jours, en attendant que votre famille ne vous y rejoigne. Le hic? Les robots envoyés avant vous se sont rebellés. La faute à cette satanée intelligence artificielle… 

Développé et publié par 100Hr Games, un petit studio indépendant qui en est ici à son premier jeu, Artificial Extinction est un mélange intrigant de jeu de tir à la première personne (FPS), de gestion des ressources, et de tower defense, ce genre de jeu où il faut construire des tourelles de défense pour empêcher les ennemis de se rendre d’un point A à un point B, le point B étant généralement le coeur de notre base, ou tout autre endroit qui doit être protégé à tout prix.

Ici, le « coeur » de la base, c’est le joueur lui-même, avec ses 100 points de vie. En 9 jours, il faudra faire preuve d’un grand sens de la tactique, et pouvoir réagir rapidement à un ennemi qui s’adapte régulièrement à nos stratégies, pour espérer l’emporter.

Robots en révolte, jeu de tir à la première personne, tower defense… Rien n’est vraiment nouveau, dans tout cela. C’est plutôt du côté de l’exécution, parfois chancelante, que se trouve l’intérêt d’Artificial Extinction. Car le jeu fait tout sauf prendre le joueur par la main. Enfin, sauf à quelques exceptions près. S’il y a bel et bien un tutoriel, l’action devient très rapidement frénétique, et ce qu’il pourrait convenir d’appeler la pauvreté de l’atmosphère scénaristique est compensée par la gestion de ressources, la préparation et la capacité de réagir rapidement à de nouveaux événements. Les unités terrestres cessent soudainement d’attaquer? C’est sans doute que des unités aériennes se préparent à vous prendre pour cible, ou encore à bombarder vos systèmes de défense. Et selon ce qu’il a été possible de voir, en tentant de survivre le plus longtemps possible, il y a fort à parier qu’il n’y aura plus vraiment de répit si le joueur parvient aux septième, huitième et neuvième jours.

Outre cette action frénétique, c’est aussi la transformation du modèle tower defense qui représente une agréable surprise. Plutôt que d’installer des tourelles à des endroits spécifiques, généralement pour défendre des goulots d’étranglement, il faut ici protéger un espace complètement ouvert – ou presque. Il y a bien des endroits où les ennemis devront franchir des cols, ou encore surmonter des obstacles avant d’ouvrir le feu, ce qui donne l’occasion de mieux se préparer, mais la plupart du temps, le seul avantage dont dispose le joueur est d’avoir quelques minutes devant lui pour installer ses extracteurs de ressources – énergie (oui, l’énergie est une ressource pouvant être extraite du sol avec la même machine que pour les minerais, ne posons pas trop de questions), métal et carburant –, et ainsi penser à l’aménagement de ses défenses. Les zones de tir concentriques seront ici essentielles, puisque seule, une tourelle sera rapidement détruite. Il faudra aussi penser aux armes antiaériennes, aux défenses de proximité, etc. Bref, de quoi s’occuper!

Le seul véritable problème d’Artificial Extinction, c’est son atmosphère. Que les robots se révoltent et qu’il faille se défendre contre des machines devant d’abord préparer une nouvelle planète, mais qui ont plutôt choisi de s’attaquer aux colons humains, soit. Mais outre des citations sur l’intelligence artificielle absolument banales qui sont affichées à l’écran entre les missions, ainsi qu’en lançant le jeu, c’est surtout la voix monocorde de notre compagnon robotisé qui vient gâcher le plaisir. On comprend l’idée derrière ce choix artistique; un robot est un robot, après tout, et il faut donc qu’il possède une voix de robot. Toutefois, lorsque le même ton est employé pour faire de « l’exposition », c’est-à-dire expliquer le monde dans lequel on se trouve, et pour nous avertir d’un danger imminent, le côté stressant de la chose disparaît pour laisser place à l’incrédulité.

À quoi bon vouloir créer une ambiance oppressante et faire comprendre au joueur qu’il se bat pour sa survie et celle de la race humaine, si la seule voix que nous entendons est complètement dénuée d’émotion? Et pourquoi a-t-on choisi de nous marteler, en plein briefing de mission, que les humains n’auraient jamais dû développer l’intelligence artificielle?

Quoi qu’il en soit, offert pour une vingtaine de dollars, Artificial Extinction permet de se changer les idées pendant quelques heures, à un prix qui fait oublier cette offre scénaristique un peu pauvre. De toute façon, comme précédemment indiqué, l’intérêt est plutôt du côté des combats contre les hordes robotisées. À essayer, donc.

Artificial Extinction

Développeur et éditeur: 100Hr Games

Plateforme: Windows (Steam)

Jeu non disponible en français


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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