Il y a quelque chose de pourri, dans l’Ouest: Frontier Legends, développé et publié par Neojac Entertainment, promet l’exploration de grands espaces sauvages et toutes sortes de mécaniques allant des fusillades à la construction de notre propre domaine, en passant par l’élevage et l’exploitation de ressources. Mais le résultat est très, très, très loin de correspondre aux attentes.
Les premières minutes de jeu auraient dû nous mettre la puce à l’oreille: lorsque vient le temps de sélectionner le personnage que l’on incarnera dans ce vaste monde en formule bac à sable, interchanger entre le masculin et le féminin fait apparaître le modèle comme si celui-ci avait été « photographié » en plein milieu d’un mouvement consistant à baisser le bras.

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La chose n’a rien de scandaleux, mais témoigne, déjà, d’un certain manque d’effort en ce qui concerne la « finition » du produit. Et cette impression de coins tournés passablement ronds se confirmera avec des visuels franchement à peine passables, même pour un titre développé avec un plus petit budget, mais surtout avec le type de quêtes que nous devrons entreprendre.

Ainsi, pour célébrer notre arrivée dans une ville du Far West, il est logique d’aller… cueillir des bâtons et des roches pour se fabriquer une hache en pierre. Zut, les habitants de la ville – quels habitants, au fait? L’endroit est très largement désert – ont faim: il nous faudra cueillir pas moins de 200 framboises. Un sacré festin…
Et ça continue comme ça: après avoir tourné en rond dans ladite ville pour trouver d’autres gens (immobiles) à qui demander des quêtes, on nous demande de récupérer une bouteille de whisky perdue « près d’un vieux sentier ». Lequel? À quel endroit? Pas de directions, pas de précisions, rien.
On décide de sortir de la ville et de partir à l’aventure? Pourquoi ne pas tenter d’aller extraire des ressources dans une mine? Vous savez, cette mine à l’entrée de laquelle se trouve justement un marchand qui… achète et vend des minerais. Mais non, à peine entré, on se fait canarder par un type armé d’un fusil, alors que nous, pauvres béotiens que nous sommes, n’en sommes encore limités qu’à l’arc et aux flèches.

Presque mort, notre personnage se traîne jusqu’en ville pour trouver un moyen de se soigner. À défaut de trouver un docteur, on se dit qu’aller à l’hôtel nous permettra de dormir, et donc récupérer des points de vie, selon une mécanique de jeu aussi vieille que les premiers jeux de rôle sur papier. Mais non: l’hôtel est non seulement vide, mais impossible d’y louer une chambre, ou même de se coucher dans un lit.
Déjà, on se sentait prêt à jeter l’éponge. Mais la lecture de certaines critiques sur Steam révèle que les développeurs ont simplement utilisé un ensemble d’items et de mécaniques disponibles via l’engin graphique Unreal – un cas d’asset flip, bref, en y saupoudrant du contenu créé par IA, sans la divulgation en ce sens exigée par Steam.
Autre signe de la paresse des développeurs: lancer le jeu fait apparaître l’icône d’Unreal dans la barre des tâches, plutôt qu’un icône personnalisé lié au jeu.
Bien franchement, Frontier Legends est nul. « Développé » à l’arrache, avec des visuels ratés et des mécaniques vues 1000 fois ailleurs (et mieux exécutées ailleurs, bien souvent), vendu pour le prix ahurissant de 35,99$, ce jeu est la preuve que n’est pas créateur de jeux vidéo qui veut. À fuir.





