La plus grande fête des musiques du globe en Amérique du Nord affichait les couleurs de ses 40 ans d’existence, mardi le 26 mai au Théâtre Fairmount. Treize jours sans interruption musicale, sur tous les continents, qui bougent et vibrent.
Le public est ainsi invité à visiter une trentaine de pays par la culture de leurs rythmes, le tout à l’aide de plus de 700 artistes qui seront présents dans la métropole, en juillet. Une longue histoire de famille internationalement soudée dont se souvient la directrice générale Suzanne Rousseau, non sans fierté.
La touche Touré-Rousseau
La fébrilité s’entend dans la voix de celle qui avait la vingtaine lorsqu’elle s’est associée au fondateur des Nuits d’Afrique, Lamine Touré. Un être inspirant et charismatique originaire de Guinée-Conakry, venant de la pure tradition du Ballet National. Mohamed Lamine Touré, « le baobab de Montréal », pilier du club mythique Balattou s’installe sur la Main en 1974. On lui doit, rappelle Suzanne Rousseau, le sens premier du festival: l’accueil humain. « La recette du succès de l’événement depuis sa création c’est que tout le monde s’y sent le bienvenu, les artistes comme le public. » Un concert inédit lui sera destiné le 11 juillet au MTelus avec plusieurs de ses compatriotes.
Festival de toutes les cultures, avec comme panorama la toile cosmopolite de Montréal, le Festival international Nuits d’Afrique se démarque selon sa directrice générale de tout autre événement d’envergure en Europe et aux États-Unis. Les artistes confient se sentir comme chez-soi, et pas comme des produits à commercialiser. « La touche Touré-Rousseau », être à leur attention, qu’ils soient locaux ou internationaux. Chacun doit en ressortir avec un sentiment de contentement.
« Leur maison est ici, et on a toujours créé des concepts avec eux. »
Parmi ses grands noms, les stars africaines Meiway – compositeur de l’hymne spécial 2026 Unis par les Nuits, Oumou Sangaré, Tabou Combo, et Tiken Jah Fakoly qui livra son témoignage lors du lancement, qualifiant l’événement de « festival ambassadeur de l’Afrique en Amérique du Nord ».
La réputation du FINA résonne jusqu’à Peter Gabriel, qui a aussi exprimé son admiration pour sa formule positive et pacifique dans un monde qui a bien besoin de cohésion.

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Allier musiques et connaissances
Pour Suzanne, c’est toujours un privilège de vivre cette aventure FINA. Son moteur : appendre sur les autres cultures par la richesse infinie de la musique. Malgré le défi du financement, les coupes financières dans les arts de la scène, l’attachement de la famille Nuits d’Afrique est plus forte que tout. Sa fierté est de contribuer à faire grandir l’organisation, à y voir une unité générationnelle au cœur de l’été. L’un des rares festivals sans clash entre les adolescents et les adultes, se réjouit-elle.
Pour rejoindre un si large auditoire, tous les coups sont bons, les influences cohabitant, de l’espace créole, aux Amériques, de l’Afrique dans ses composantes socio-culturelles distinctes. Il importe, pour Mme Rousseau, de comprendre l’histoire de la musique, ses fondements afin de combattre les préjugés et l’acculture. « Beaucoup de gens croient encore que l’Afrique est un tout homogène où l’on ne fait que danser!, déplore-t-elle. On réduit souvent ce continent aux percussions.»
Sensible à la jeunesse, le rendez-vous se veut aussi pédagogique, transmetteur de connexions entre la musique actuelle et ses racines d’hier. Le festival ouvre sur des dimensions de savoirs anthropologiques et sociales bénéfiques pour certaines communautés afrodescendantes qui y trouvent un environnement de valorisation identitaire.
Grâce à ses huit séries, le FINA accompagne les mélomanes dans leur choix d’immersion. Des concerts organisés dans six salles dont le Gesù et sa classique Nuit de la kora, une expérience plus méditative avec la sétar de Kiya Tabassian et la kora d’Ablaye Cissokho. Les grands événements ouverts sur le Parterre du Quartier des Spectacles battront leur plein du 14 au 19 juillet à 22h, avec des pointures mondiales comme le Guadeloupéen Admiral T, les Congolais Fulu Miziki et le maître du reggae militant Tiken Jah Fakoly en clôture le dimanche 19 juillet.





