Se voulant un retour à l’époque où les jeux de rôles misaient davantage sur l’écriture et l’émerveillement causé par l’exploration d’un endroit magique que sur des graphismes réalistes, Dread Delusion est le RPG parfait pour les joueurs nostalgiques.
Dread Delusion a été qualifié par plusieurs d’hommage direct à Morrowind. Il est vrai que, comme c’est le cas dans plusieurs jeux de la franchise Elder Scrolls, on débute notre aventure emprisonné dans une cellule de l’Inquisition. Libéré par le Grand Confesseur, le héros que l’on incarne se voit offrir la liberté en échange de son aide pour traquer et capturer Vela Callose, la personne la plus dangereuse de tout le royaume. S’amorce alors une quête épique au sein d’un archipel d’îles flottantes connues sous le nom d’Îles Oniriques.
En lançant le jeu, on choisit tout d’abord la classe que l’on souhaite incarner parmi les quatre disponibles (bagarreur, voleur, apprenti ou noble). On sélectionne également un passé pour notre héros ainsi que des traits psychologiques définissant sa personnalité et ses habiletés de départ, avant de répartir les maigres points dont on dispose parmi les quatre attributs de base, soit la force, la sagesse, la ruse et le charisme. On est alors lancé sans plus de cérémonie dans le monde étrange et fascinant de Dread Delusion.

Les mécaniques de Dread Delusion sont classiques, et seront immédiatement familières à quiconque a déjà joué à un RPG. Comme dans tous les titres du genre, on a la possibilité de personnaliser son arsenal et son armure avec des items que l’on trouve dans l’environnement ou que l’on achète chez les marchands. Il y a des potions de vie ou de mana servant à alimenter les sorts magiques, ainsi que des crochets permettant de déverrouiller les coffres et les portes munis de serrures. Les combats par contre représentent la partie la moins réussie, et deviennent rapidement répétitifs en raison de leur manque de profondeur.

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En discutant avec les personnages que l’on rencontre, on se voit confier des missions secondaires, qu’on a le choix d’effectuer ou d’ignorer pour se concentrer sur la quête principale. Ce qui est intéressant, c’est que l’on est libre de résoudre les quêtes de différentes manières, que ce soit par le combat, la diplomatie, la magie ou la furtivité. L’écriture est l’un des piliers de l’expérience, et les quêtes, loin d’être de simples prétextes, participent à une narration fragmentée où le joueur reconstruit progressivement les enjeux politiques et métaphysiques de ce monde étrange.

Le jeu ne nous prend pas par la main non plus. Il n’y a aucun marqueur de quête, et l’on doit trouver une carte des lieux et une boussole si l’on souhaite se situer dans cet archipel d’îles flottantes. On n’acquiert pas d’expérience en éliminant des ennemis ou en complétant des quêtes dans Dread Delusion. Pour améliorer ses compétences, on doit trouver des crânes bleus, appelés « Éclats de délire » et dissimulés un peu partout dans l’environnement. Il est donc important de bien explorer chaque recoin si l’on souhaite améliorer ses habiletés.
Visuellement, les graphiques de Dread Delusion ressemblent à ce que l’on pouvait trouver à l’époque de la première PlayStation. Textures grossières, modèles 3D « low-poly » encore plus primitifs que ceux de Minecraft, et couleurs saturées, le choix esthétique est pleinement assumé. Loin d’être une simple contrainte budgétaire, cette décision participe à une identité forte, presque psychédélique, et crée un monde bizarre et pixellisé. Les cinématiques sont livrées à partir de dessins en 2D dont le style s’inspire directement de celui de Mike Mignola.
Malgré des graphiques primitifs et des combats rudimentaires, Dread Delusion réussit à recréer cette sensation de mystère et de liberté propre aux classiques du genre, tout en proposant un univers profondément original et parfait pour les amateurs de RPG de la vieille école.
6/10
Dread Delusion
Développeur : Lovely Hellplace
Éditeur: DreadXP
Plateformes: Nintendo Switch 2, PlayStation 4 & 5, Windows, Xbox One, Xbox Series S/X (testé sur PS5)





