En pleine mer, « brancher » un navire tient parfois de la haute voltige. Mais une nouvelle méthode, qui s’appuie sur un couplage magnétique, pourrait rendre le processus aussi simple que de recharger sa brosse à dents, affirme-t-on.
Comme le précisent les chercheurs de l’entreprise norvégienne SINTEF, qui ont mis au point cette nouvelle technologie, il n’est pas encore question de navires de croisière ou de paquebots électriques; ces grands navires, qui transportent des milliers de passagers, ou encore des milliers de tonnes de marchandises ou de carburant, vont, pour l’instant, continuer de consommer de très grandes quantités de combustibles fossiles.
Non, l’idée de « brancher » des navires concerne surtout les petites embarcations chargées de l’entretien des éoliennes installées en mer, ou encore les bateaux qui sont rattachés à des plateformes pétrolières. Dans ces deux cas, retourner au port, sur le rivage, pour faire le « plein », entraînerait généralement la décharge complète des piles, ce qui rendrait l’affaire caduque.
Au coeur de cette percée technologie, précise-t-on par voie de communiqué, on retrouve un obstacle à la fois simple et complexe: les systèmes traditionnels de recharge électrique, avec un câble à brancher dans une prise, n’aiment décidément pas l’eau de mer.
Autre enjeu: l’océan est rarement calme, ce qui complexifie encore plus cette idée de se « brancher ». « Le mouvement et l’usure viennent compliquer la recharge, en mer, lorsque vous utilisez une connexion classique avec une prise. L’usure mécanique, la corrosion et les besoins en maintenance viennent augmenter les coûts et les risques », souligne ainsi Havard Vollset Lien, qui travaille pour la compagnie Vard, à la tête du prohjet appelé Ocean Charger.

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Une protection maximale
La solution? Les gens de chez SINTEF disent avoir choisi de privilégier un système où toutes les composantes essentielles (et fragiles) du circuit de recharge sont encapsulées « dans des matériaux qui peuvent résister à pratiquement n’importe quoi », explique Giuseppe Guidi, l’un des principaux chercheurs au sein de l’organisation.
L’idée est simple: une bobine est installée au bout d’un câble relié à la station de recharge (comme une éolienne, par exemple), le tout protégé par des matériaux imperméables qui ne sont pas affectés par le sel marin ou les algues. Et à bord du navire, on trouve une autre bobine, tout aussi bien protégée.
Lorsque les deux bobines sont situées près l’une de l’autre, le courant est tranmis par induction, à l’instar des systèmes utilisés pour des téléphones intelligents, par exemple. Ou encore pour des brosses à dents électriques.
« Il ne sera pas nécessaire d’être précis lorsque nous descendrons la prise dans son réceptacle », indique M. Guidi.
« C’est un peu comme placer un gobelet dans un porte-gobelet; la connexion s’effectuera sans avoir besoin d’un alignement particulier. »
« L’idée brillante, avec la recharge en mer, c’est que l’énergie produite localement peut être directement utilisée pour recharger les navires, ce qui permet de s’assurer que les pertes d’électricité sont réduites au maximum », a ajouté M. Vollset Lien, par voie de communiqué.
À plus long terme, les chercheurs envisagent tout un système de stations de recharge le long de la côte norvégienne, où les navires d’entretien, mais aussi les cargos, pourraient venir « faire le plein », éliminant au passage le besoin de brûler des combustibles fossiles particulièrement polluants.





