En clôture du 44e FIFA, Farruquito: A Flamenco Dynasty, documentaire dévoilé en primeur canadienne, en collaboration avec l’Ambassade d’Espagne au Canada, traverse et transperce toute la gamme des émotions.
À partir d’une grande histoire gitane familiale croît la branche généalogique exceptionnelle du danseur flamenco étoile Juan Manuel Fernández Montoya, dit « Farruquito », considéré légende parmi la trilogie du guitariste Paco de Lucía et du chanteur Camarón de la Isla.
Le point de départ de la destinée de la famille Montoya se trouve le long du chemin de vie – de survie – de son abuelo Farruco (1935-1997). Malgré une enfance d’errance, l’orphelin sans éducation se fera une place de choix sur la scène artistique. Une bonne étoile veille sur lui à Séville. Précurseur de sa propre danse flamenco masculine, il crée un jeu de bras et de paumes bien à lui qui inspirera Farruquito dès ses début, à six ans, et jusqu’à maintenant. « Mon grand-père disait que toute la vie d’un homme gitan peut se lire dans son jeu de bras… », se remémore-t-il, ému.

Avant d’être sacré « plus grand danseur de flamenco du siècle », il y a le souvenir d’un oncle, mort dans un accident de voiture, dont il porte le nom d’artiste. C’est en lui que l’héritage de Farruco devait se perpétuer.
Mais le destin en a voulu autrement et lorsque Juan Manuel voit le jour, sa mère Farruca sait avec conviction qu’il est sa réincarnation, et qu’il transmettra ce don flamenco. Le film chronologiquement bien documenté montre des scènes touchantes du passé, où le petit danseur laisser aller ses pieds déjà solides, fracassant des talons un sol qui deviendra son univers scénique. Et celle de son garçon plus tard qui suivra ses traces…
À travers des archives en noir et blanc sur la vie gitane, les caravanes d’antan, les fêtes en plein air des familles nomades, l’œuvre distille un parfum de nostalgie sur cette communauté soudée ayant bravée rejets et persécutions.
Un environnement dont se revendique fièrement Farruquito, en lien avec trois valeurs imbriquées à jamais en son être: la liberté, l’attachement à la famille et la foi. Des forces qui permettront à la famille de surmonter des épreuves et douleurs terribles dont la perte du père « El Moreno », foudroyé sur scène en Argentine, et l’emprisonnement de Farruquito durant trois ans.
De Séville à New York, ville américaine des débuts et de la consécration mondiale de Farruquito, le documentaire livre un témoignage rare sur les Montoya et leur intimité. Les détenteurs du génie flamenco, une famille liée par un amour infini. Chacun de leurs regards, dans la joie ou la tristesse, expriment une communion plus forte que la mort, un refuge face à toute adversité. La loi flamenco.





