Les Grands Ballets présentent, ces jours-ci à la Salle Wilfrid-Pelletier, La création, une chorégraphie d’Uwe Scholz. Comme Scholz en avait l’habitude, l’œuvre est construite sur une grande œuvre classique, soit un des quatre grands oratorios de Joseph Haydn: La création.
Cette œuvre musicale magistrale est ici interprétée par l’Orchestre des Grands Ballets, sous la direction de Dina Gilbert, avec le très impressionnant Chœur des Grands Ballets. Maestro Gilbert a livré une performance remarquable qui nous fait dire que la seule prestation musicale de jeudi soir méritait le détour.
L’énergie des musiciens et l’intensité de la prestation des chœurs resteront sans doute un bon moment dans les esprits. Les solos chantés étaient associés aux solos dansés et cela était du plus bel effet, particulièrement lors des prestations de la soprano Andréanne Brisson-Paquin.
Le tout a commencé d’une drôle de façon, avec une structure d’éclairage mettant totalement à contrejour les danseurs et finissant par aveugler la salle pour enfin disparaître. Sont par la suite apparus des rais de lumière qui ne cadraient pas du tout avec l’ensemble (on se serait cru dans le film Tron), surtout que les projections des œuvres de Jean-Paul Riopelle rendaient parfaitement bien l’aspect visuel de l’œuvre.
Quant à la chorégraphie, on peut déjà dire qu’elle était en parfaite harmonie avec la partition de Haydn. Pour peu qu’on soit un habitué de cet oratorio, on pouvait presque deviner les mouvements qui s’amenaient. On aurait dit une peinture à numéros tant les gestes correspondaient parfaitement aux suites de notes.
De là à dire que la chorégraphie est facile, il y a un pas qu’on ne peut franchir. Le génie de Scholz est manifeste, tant dans les solos et les pas de deux que dans les mouvements d’ensemble.
Mais c’est surtout dans ces derniers, lorsque le chœur exulte et que les danseurs s’embrasent, que la communion des deux œuvres nous a comblés. Nous n’avons peut-être pas été très émus, mais nous avons certes été impressionnés et nous restons admiratifs des performances livrées ce soir-là.
Les œuvres de Riopelle, la musique de Haydn et la chorégraphie de Scholz, voilà un agréable trois-en-un!





