La désinformation générée par l’IA s’infiltre jusque dans les parlements. En Australie, une enquête du journal The Guardian révèle au moins 39 documents de recherche soumis aux élus qui résument incorrectement des recherches scientifiques ou inventent carrément des références.
Les documents en question font partie de cette littérature qui circule constamment entre les hauts fonctionnaires et les élus, dans le cadre du processus d’analyse de futures politiques dans des comités parlementaires. Ces lectures servent traditionnellement à apporter aux élus un résumé des avis d’experts ou des recommandations des groupes citoyens.
On avait déjà eu vent, aux États-Unis en 2025, d’au moins deux rapports publiés, l’un par le ministère de l’Énergie et l’autre, par celui de la Santé, et qui avaient une odeur d’IA: ils contenaient des références à des études auxquelles on faisait dire ce qu’elles n’avaient jamais dit, ou même des références à des études qui n’existaient pas.

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Mais le cas australien a ceci de différent qu’il ne s’agit pas de rapports auxquels on pourrait reprocher d’avoir été écrits dans le but de coller à l’idéologie du moment, comme c’était le cas à Washington. Les documents australiens en question sont en effet destinés aux politiciens de tous les partis politiques, et le niveau « d’erreurs » va beaucoup plus loin: The Guardian a identifié des cas dans lesquels « la majorité des sources semble avoir été générée par l’IA ».
Si ce phénomène se poursuit, commente un professeur en régulation et gouvernance à l’Université nationale d’Australie, il y a un risque que des parlementaires « prennent des décisions basées sur des preuves qui n’existent pas ».
La situation est aggravée par le fait que, comme il s’agit de documents publiquement accessibles, ils seront donc lus par Google aussitôt qu’ils seront mis en ligne, et tant qu’ils n’auront pas été corrigés, leurs sources erronées pourront être utilisées par Google comme s’il s’agissait de sources légitimes.
Un porte-parole du gouvernement a répondu au Guardian qu’il s’agissait d’une « erreur humaine » et non « d’une erreur de l’IA », puisque le processus de vérification des documents, avant leur diffusion, doit être fait par l’humain, et non par la machine. Un argument qui ne convainc pas l’auteure d’une recherche sur la violence familiale et le suicide dont les conclusions ont été erronément interprétées et erronément citées, et pourraient donc désormais être citées dans une recherche Google.
Pour en arriver à ce total de 39 documents contenant de telles erreurs, le Guardian a conçu un programme informatique qui a extrait les références de tous les documents soumis aux comités parlementaires actuellement en cours, et a confronté ces références aux bases de données d’articles académiques. Le journal prévient que l’exercice n’a pas la prétention d’être exhaustif: par exemple, sa méthode ne permet pas d’identifier des citations « inventées » par l’IA si celles-ci ne sont pas accompagnées d’une référence.





