Le 28 janvier dernier, l’Agora de la danse était en mode célébration pour le lancement de sa saison d’hiver 2026 et pour donner le coup d’envoi aux festivités entourant son 35e anniversaire. Ce rendez-vous se voulait un moment pour reconnaître le chemin parcouru, pour se souvenir, mais surtout pour rappeler que l’Agora de la danse repose sur l’engagement et la ferveur de toutes les personnes qui ont contribué à la faire vivre depuis plus de trois décennies.
L’Agora de la danse, c’est le premier lieu permanent spécifiquement consacré à la danse contemporaine au Québec. Espace de création, de diffusion et de recherche incontournable en danse contemporaine à Montréal, l’organisme s’est imposé au fil des décennies comme une force structurante du milieu.
Tremplin pour les artistes et espace de rencontre pour les publics, la compagnie propose une scène où la danse actuelle s’exprime dans toute sa complexité, ses tensions et ses élans. En plus de s’engager activement dans la trajectoire artistique de ses chorégraphes, elle nourrit un dialogue interculturel par des échanges internationaux et multiplie les initiatives pour tisser des liens avec les publics de tous les âges.
35 ans de risques, de croisements et d’élans
Lorsque l’Agora de la danse a vu le jour en 1991, l’équipe fondatrice était sans doute loin d’imaginer tout le chemin qui allait être parcouru. Trois décennies et demie plus tard, la compagnie porte encore l’empreinte des choix audacieux, des rencontres marquantes et d’une énergie créatrice qui ont façonné le paysage chorégraphique montréalais.
Logée à ses débuts dans un bâtiment classé monument historique sur la rue Cherrier, l’Agora s’est rapidement imposée comme un terreau fertile pour l’expérimentation et le partage, attirant l’attention bien au-delà des frontières québécoises.
En 2017, le déménagement dans le Quartier des spectacles marque un tournant pour l’Agora de la danse. Intégrée à l’édifice Wilder — Espace danse, elle rejoint un pôle artistique effervescent qui réunit Tangente, l’École de danse contemporaine de Montréal ainsi que les Grands Ballets Canadiens.
L’Agora en 35 ans, à travers les mots de deux de ses figures marquantes
Micro en main, dans l’atmosphère fébrile du café-bar de l’édifice, deux voix indissociables de l’histoire de l’Agora de la danse ont pris la parole le soir du lancement.
« Trente-cinq ans pour un diffuseur spécialisé en danse contemporaine, c’est un acte de résistance », a observé Francine Bernier, directrice artistique et codirectrice générale. Elle a souligné combien cette longévité repose avant tout sur le travail acharné des artistes, tout en annonçant avec enthousiasme un taux d’assiduité en salle de 94 % en 2025, signe tangible d’une relation vivante et fidèle avec le public. Elle n’a pas occulté les défis de cette aventure, évoquant au passage les nuits blanches provoquées par le déménagement au Wilder.
Florence Junca-Adenot, présidente du conseil d’administration et cofondatrice, a quant à elle parlé de cet anniversaire comme « une étape marquante d’une aventure artistique profondément ancrée dans l’histoire culturelle du Québec ». Elle a rappelé l’ambition initiale de l’Agora de la danse : réunir les forces vives de la danse contemporaine afin de faciliter le rayonnement des œuvres qui sont produites entre ses murs. La danse est également un espace de réparation collective et de rassemblement, a-t-elle ajouté en réaffirmant le rôle social de l’Agora: « Dans un monde en désarroi, la danse est un baume qui réunit, au même titre que la musique. »
Une riche programmation hivernale à découvrir
Cet hiver, l’Agora nous promet « des univers forts, des propositions audacieuses et des performances inédites ».
Et pour démarrer l’année de façon inattendue, quoi de mieux qu’une comédie musicale? Présentée du 4 au 7 février 2026, Down That Trail in the Woods réunit 19 artistes sous la direction de Kìzis. Dans cette œuvre créée en collaboration avec Danse-Cité, le théâtre, la danse et la musique s’entrecroisent pour incarner une fable traversée par l’amour, la perte et les cicatrices de l’existence.
Les 13 et 14 mars, c’est au tour de la performance Holding Present d’investir une des scènes de l’Agora. Coprésentée avec Le Vivier, l’œuvre rassemble la chorégraphe Ula Sickle et l’ensemble bruxellois Ictus. Elle prend racine dans les mouvements de protestation d’hier et d’aujourd’hui et ouvre la porte à un questionnement sur la notion de communauté sur scène.
SQUAT de kim -Sanh Châu resserre le cadre et plonge dans l’intime. Du 18 au 21 mars, cette installation chorégraphique pour quatre performeuses explore la force qui naît du squat, une posture exigeante et inconfortable.
Du 22 au 25 avril, LABOUR d’Emily Gualtieri et David Albert-Toth met en scène cinq interprètes qui explorent une physicalité minimaliste et sans fard. Cette pièce qui flirte avec l’absurde et refuse toute politesse esthétique expose la puissance radicale des expériences féminines.
Enfin, du 6 au 9 mai, le collectif LA TRESSE revient à l’Agora pour une troisième fois avec Miel. Cette œuvre rendant hommage à la féminité emprunte le parcours de l’héroïne plutôt que celui du héros, dans une traversée intime aux résonances infinies.
En plus de cette programmation, l’année 2026 sera ponctuée de rendez-vous festifs pour souligner 35 ans de confiance, de transmission et de dialogue avec le monde de la danse, le public, et, plus largement, avec la communauté tout entière. Une manière de rappeler que l’Agora n’est pas qu’un lieu de diffusion, mais un espace bien vivant et ancré dans le tissu social.





