Le mariage inattendu entre deux grands noms du petit et du grand écran fait des merveilles dans Vie privée, plus récent long-métrage de la brillante Rebecca Zlotowski, qui permet à l’impériale Jodie Foster de rappeler l’immensité de son talent, et dans la langue de Molière, s’il vous plaît!
Toujours plus rare sur nos écrans, on sait que Jodie Foster choisit méticuleusement ses rôles, ses projets, mais aussi ses collaborateurs. Après tout, elle aurait, selon la rumeur, refusé un cameo dans le délirant Freakier Friday pour se permettre d’avoir la tête d’affiche du film qui nous intéresse, film qui est piloté par la cinéaste renommée Rebecca Zlotowski, avec qui les choses semblent avoir cliqué instantanément.
Grande amatrice de l’art de mêler l’intime au plus grand que soi et de placer ses personnages aussi humains que colorés dans des situations qui les dépassent, voilà que la réalisatrice propose probablement son film le plus fou, mais aussi le plus drôle à ce jour. Considérant que Mme Foster est complètement investie dans son personnage de Lilian Steiner, qui se retrouve dans toutes sortes de situations, l’osmose est complète, autant devant que derrière la caméra.

Il faut dire que Zlotowski est fidèle à ses collaborateurs qui la suivent depuis Belle épine. Parmi ceux-ci, il y a Frédéric Jouve, producteur de tous ses longs-métrages, ainsi qu’évidemment Rob, qui propose encore une irrésistible et entraînante trame sonore bien rythmée, alors que les images chatoyantes de George Lechaptois mettent en lumière cette histoire aux part d’ombres qui auraient pu rapidement alourdir le tout.
Heureusement, le montage habile de Géraldine Mangenot, aux côtés de la cinéaste depuis sa merveilleuse minisérie Les sauvages, ne laisse aucun temps mort et s’assure de tout résoudre en moins de deux heures.
Conquis dès l’ouverture, sur l’irrésistible chanson Psycho Killer des Talking Heads, on se laisse alors prendre au jeu de cette psychologue qui se retrouve malgré elle à enquêter sur la mort d’une de ses patientes.

La proposition pourrait être aussi simple que sa prémisse, mais c’est sous-estimer le talent et l’intuition de Zlotowski, ainsi que de ses collaboratrices au scénario Anne Berest et Gaëlle Macé.
Grâce à elles, les trouvailles sont partout et on n’a pas peur de frôler régulièrement l’absurde pour pimenter l’atmosphère. Ainsi, de notre protagoniste qui verse des larmes à tout moment sans le vouloir, jusqu’à son obsession sur les thérapies par l’hypnose qu’elle ne voulait même pas suivre, il est complètement impossible de s’ennuyer.

D’autant plus que tourbillonnent, autour de notre imprévisible personnage principal, des acteurs de talent comme Daniel Auteuil, Vincent Lacoste, Mathieu Amalric et Virginie Efira, qui aident sans mal à élever un film qui nous captivait déjà.
Il faut dire que Foster fait des flammèches avec tout ce qui l’entoure comme en témoigne une survoltée scène de repas en famille qu’on n’est pas prêt d’oublier. L’aisance avec laquelle elle livre des répliques loufoques avec le plus grand sérieux du monde, ne fait qu’ajouter à la jouissance certaine que procure ce petit bijou de film qui se déguste avec bonheur.

Véritable délire qui divertit dans une montagne russes d’émotions, de revirements et situations tous plus abracadabrants les uns des autres, Vie Privée montre le meilleur de tous ceux qui y sont impliqués. En tant que spectateurs, ils ne nous reste plus qu’à en savourer le résultat. Pourquoi s’en priver?

8/10
Vie privée a été vu lors de la plus récente édition du festival Cinémania en novembre dernier et il prend finalement l’affiche en salle au Québec le vendredi 30 janvier.





