Décidément, l’avenir semble sombre pour les exploitants de salles obscures: selon de récentes données publiées par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), la fréquentation des cinémas a chuté de pas moins de 15%, entre 2024 et 2025, et de près de 40% depuis 2019, l’année de référence d’avant la pandémie.
Ainsi, on aurait recensé 11,5 millions d’entrées, l’an dernier, comparativement à 13,5 millions, l’année précédente. En 2019, ce total atteignait 18,7 millions d’entrée, un pic qui n’a jamais plus été atteint, depuis, même si les fermetures de salles de cinéma, pour des raisons de santé publique, sont pour l’instant chose du passé.
Est-ce la suite de la morosité provoquée par la COVID? Est-ce un résultat imputable aux services de diffusion en ligne et à l’abondance de l’offre sur le web? Est-ce dû à la multiplication des reprises, des suites et autres propositions bien souvent peu originales?
L’ISQ n’offre pas de pistes de réponse, mais il y a fort à parier que ce recul marqué (le nombre de billets écoulés, en 2025, est sensiblement le même qu’en 2022, première année de réouverture complète, NDLR) découle d’une combinaison de facteurs.
Et non seulement les Québécois vont-ils moins souvent au cinéma, mais ils sont aussi moins nombreux, proportionnellement parlant, à se tourner vers les productions d’ici: la part des oeuvres québécoises dans le portrait cinématographique est ainsi retombée à 9%, soit le même taux qu’en 2022, après une croissance en 2023 (12%) et 2024 (14,9%).
Paradoxalement, depuis 2019, on n’a jamais projeté autant de films, dans les salles québécoises. Au total, quelque 1142 longs-métrages ont pris l’affiche l’an dernier, soit 13% de plus qu’en 2024, ou encore une hausse de près du tiers depuis 2019.
De ce total, 637 films étaient des nouveautés.

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Mais on a beau projeter des films, encore faut-il vendre des billets. Et comme le souligne l’ISQ, cet aspect, qui détermine bien entendu l’ampleur de la fréquentation des cinémas, peut être influencé par la disponibilité, à plus ou moins brève échéance, des films sur les plateformes numériques (et, par extension, la durée de leur période de projection, NDLR), mais aussi par le nombre de sièges disponibles.
« Le nombre de fauteuils disponibles constitue un indicateur important pour mesurer l’offre, puisqu’il représente la capacité maximale de vente de billets pour une période donnée. Pour chaque salle, cette information est obtenue en multipliant sa capacité par le nombre de projections », menti0nnent les spécialistes de l’ISQ dans leur rapport intitulé La fréquentation des cinémas en 2025.
Ainsi, le nombre total de fauteuils disponibles aurait chuté de 23%, entre 2024 et 2025. Et « la contraction simultanée du nombre de projections et du nombre de fauteuils disponibles semble indiquer un changement significatif dans l’offre cinématographique au Québec, dans un contexte où les habitudes culturelles sont de plus en plus influencées par les médias numériques », indique encore le document.
Et le Québec ne serait pas le seul endroit, dans le monde, où la fréquentation des cinémas est en baisse: au dire de l’ISQ, des situations semblables seraient observables en Europe, ainsi qu’aux États-Unis, entre autres.





