Film culte de toute une génération, voilà que Freaky Friday a droit au traitement de la suite purement nostalgique. Faites avec amour, soin et un plaisir évident, sans jamais sombrer dans l’opportunisme monétaire, ces retrouvailles délirantes font de ce Freakier Friday une irrésistible réussite.
On rappelle la prémisse: suite à leurs différends a priori irréconciliables, une mère et une fille échangent de corps pour une journée, le temps de régler leurs problèmes.
Histoire de famille quand tu nous tiens, le roman de Mary Rodgers avait déjà marqué l’imaginaire des petits et des grands, avec un long-métrage qui mettait en vedette Jodie Foster. Et non, malgré qu’on lui en ait fait la proposition, cette dernière ne fait pas d’apparition dans cette suite.
Pas question non plus de revenir sur la tentative ratée du Disney Channel en 2018 d’en faire une version musicale basée sur l’adaptation scénique. Ce, même si on soigne quand même la trame sonore de nouvelles chansons, de compositions senties de Amie Doherty et de chansons du moment comme la vibrante HOT TO GO!, de Chappell Roan.
On se retrouve donc purement dans un véritable trip nostalgique de la version de 2003. Avec, évidemment, la présence de Lindsay Lohan. Ouvrez l’oeil, on fera même référence à The Parent Trap!

C’est toutefois Jamie Lee Curtis qui tient à nouveau l’ensemble à bout de bras, elle qui livrait une performance complètement déjantée dans le film précédent – qui s’écoute toujours aussi bien, d’ailleurs.
Pour mener à bien ce film vif, coloré et à luminosité irréprochable, comme les décors californiens de Los Angeles peuvent le permettre, c’est à Nisha Ganatra qu’on a confié la lourde tâche de la réalisation.
Grande habituée de la comédie et de la télévision, celle qui a déjà touché aux duos improbables dans son mignon Late Night, tout en touchant également au domaine musical avec The High Note, nous a aussi offert le fantastique avant-dernier épisode de la télésérie Girls.
Un bon coup de pratique, puisqu’elle doit ici aussi jongler avec le destin de quatre personnages, en plus de leur entourage.

En effet, pas question de se contenter de refaire la même chose que la veille ou de seulement faire plus fou, ou plus gros.
Profitant du temps qui s’est écoulé entre les deux films, on se permet sans mal de bien tracer le portrait de trois générations, de la grand-mère à la fille à la petite-fille, tout comme de la nouvelle famille recomposée à venir.
Vous l’aurez deviné: on a besoin d’un mariage!
La structure est similaire, les références et les clins d’oeil étant inévitables et judicieusement foisonnants, mais le scénario de Jordan Weiss et Elyse Hollander fonctionne à fond la caisse, rendant la vision encore plus féminine et assumée, tout en laissant de nouveau les pendants masculins s’effacer pour les besoins de la cause.
Cela ne veut pas dire que Mark Harmon, tout comme le magnétique Manny Jacinto – nous rappelant pourquoi on l’a autant aimé dans The Good Place –, n’ont pas leur lot de moments marquants ou de répliques qui résonnent avec tendresse.
Avec ce film de près de deux heures, y compris quelques baisses de régimes, ici et là, on se veut peut-être plus moralisateur que lors du précédent épisode, mais les leçons et les valeurs sont toutes à la bonne place et on craque, parce que tout le monde sait jouer avec justesse et la dose d’autodérision nécessaire pour donner vie aux situations les plus abracadabrantes.

Outre Lohan et Lee Curtis, qui sont comme des poissons dans l’eau, Julia Butters est hallucinante lorsque vient le temps de tenir tête au duo, en plus d’afficher une superbe complicité avec Sophia Hammons.
Le reste de la distribution est auréolé de grands noms de la comédie, comme Sherry Cola, X Mayo et June Diane Raphael, en plus de membres ou ex-membres de Saturday Night Live, comme les pétillantes Vanessa Bayer et Chloe Fineman, dont la scène de danse avec Jacinto marque certainement les esprits.
Freakier Friday ne révolutionne rien, on s’en doute. Mais dans les suites sous forme d’héritage, disons qu’on peut difficilement faire mieux. Le plaisir est continuellement de la partie et les souvenirs s’y mêlent avec bonheur, avec même des bloopers dans le générique. Le long-métrage parfait pour réconcilier les générations et leur montrer que de faire un film qui s’adresse à tous, titillant amicalement et à part égale les jeunes et les moins jeunes, est peut-être plus simple qu’on le croyait finalement.
7/10
Freakier Friday prend l’affiche en salle ce vendredi 8 août.





