C’est l’Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach, rien de moins, que l’Orchestre métropolitain a choisi pour remplacer sa traditionnelle interprétation du Messie de Haendel, en cette période des fêtes. Et ce fut un choix plus que judicieux.
Cet opus majestueux, composé de six cantates avec solistes et chœur, est une véritable épreuve d’endurance pour les musiciens et chanteurs. En effet, cela dure près de trois heures. Mais pour les auditeurs, le temps a passé comme un soupir tellement la musique était inspirante, nourrissante.
Sous la baguette expérimentée et presque magique du chef Yannick Nézet-Séguin, les musiciennes et musiciens de l’OM ont livré une performance quasi irréprochable. Les solistes ont tous livré de belles performance même si la partition faisait la part un peu plus belle au baryton Geoffroy Salvas et à la mezzo-soprano Julie Boulianne. Mais c’est peut-être bien la performance des membres du chœur qui restera gravé dans le souvenir des spectateurs. Quelle richesse, quelle finesse et quelle puissance!
De tout ce beau monde, Nézet-Séguin semble avoir tiré le meilleur et c’est une basilique comble qui a généreusement ovationné les interprètes et le chef, après avoir fait preuve d’une écoute exceptionnelle. Sans doute le lieu y était-il pour quelque chose. En parlant du lieu, nous avons eu une petite inquiétude en tout début de spectacle quant à l’acoustique de cette très longue nef, mais même les sons les plus ténus ont su se livrer un chemin jusqu’aux dernières rangées.
Si, au tout début, les timbales ont semblé s’emporter un peu (peut-être pour répondre à notre crainte concernant l’acoustique), les belles performances des musiciens et chanteurs se sont succédées. Que ce soit au choral du numéro 12, où le chœur a livré un véritable bijou; au numéro 15, avec sa flûte parfaitement limpide; au numéro 19, pour l’intime dialogue entre la soprano et la flûte; au numéro 20, pour le chœur éclatant; au numéro 39, pour l’écho crédible; au numéro 43, pour un chœur étonnant et explosif; au numéro 47, avec la superbe interprétation de la basse, ou encore au numéro 54, pour ses accents français à la Lully, les oreilles et le cœur ont été chavirés.
Le tempo choisi par le chef était légèrement plus lent que la plupart des autres versions que nous avons entendues. Il y avait là un pari un peu risqué, car la lenteur exige plus de précision. Mais cette précision était au rendez-vous, accompagnée de beaucoup de subtilité, de finesse et d’un côté festif permanent.
Cette soirée de musique fut réellement grandiose!





