Dimanche dernier, à la Salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal, Arion orchestre baroque présentait le deuxième concert de sa série montréalaise avec un programme qui n’avait seulement que des soupçons de baroque.
Bien que la Symphonie no 5, en si bémol majeur, K 22 soit une œuvre de la prime jeunesse de Mozart, nous voilà déjà dans la période classique. Même chose en ce qui concerne Haydn, qui est connu pour participer de la transition du baroque au classique, mais surtout reconnu comme l’un des plus grands compositeurs de la période classique. Et pour ce qui est d’Andreas Romberg, il suffit de dire qu’il est né 35 ans après Franz Joseph Haydn.
Quoi qu’il en soit, un concert a bien eu lieu et les musiciennes et musiciens d’Arion ont démontré sans difficulté qu’ils savaient jouer de la musique « un peu plus jeune » qu’à l’accoutumée. Pour l’occasion, le directeur artistique Mathieu Lussier avait invité la violoniste et chef Couchane Siranossian.
La première œuvre au programme fut la Symphonie no 5 de Mozart. De très courte durée, elle fut écrite alors que Mozart n’avait seulement que neuf ans: il devait encore développer son endurance. Sous la baguette de Siranossian, l’œuvre avait des tonalités un peu baroques et l’andante fut exécuté de façon poignante.
Vint ensuite le concerto pour violon de Romberg (compositeur joué pour la première fois par Arion) qui apportait une touche de modernité. Influencé par Haydn qui aimait bien sortir des sentiers battus, Andreas Romberg a intégré dans son œuvre plusieurs éléments originaux qui n’ont pas tous eu l’heur de plaire. Ces éléments originaux étaient, en effet, parfois criards et discordants.
Cela n’a cependant pas empêché la soliste de livrer une interprétation bien sentie, vive et guillerette. Les applaudissements n’ont malheureusement pas été aussi soutenus qu’à l’habitude et on aurait dit que ce sont surtout les musiciens qui ont insisté pour que Siranossian revienne offrir un rappel, personne dans la salle ne s’était levé pour ovationner. La violoniste aux origines arméniennes a alors choisi d’interpréter une mélodie arménienne du Xe siècle, sans accompagnement.
C’est le Haydn qui s’est révélé être la pièce de résistance de ce concert, avec une direction beaucoup plus dynamique que dans les deux premières oeuvres. Dès l’allegro assai, le drame et l’intensité étaient au rendez-vous alors que l’adagio rappelait par moment la Symphonie « de l’horloge ».
Nous avons aussi entendu la sublime dissonance entre les cors et les hautbois, tout en profitant du judicieux choix de la chef de jouer l’adagio plus doucement et plus lentement que la plupart des maestros.
Le final, quant à lui, fut rempli de couleurs et joué plus vite que la tradition le suggère, ce qui a été bien apprécié.
Le deuxième rappel, quant à lui, il a été souhaité par le public et écouté avec recueillement. Il s’agissait de l’Air de la troisième suite de JSB.
Pour sa rentrée montréalaise, Couchane Siranossian aura laissé une bonne impression.
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Symphonie n° 5 en si b majeur, K. 22
Andreas Romberg (1767-1821)
Concerto pour violon n° 7 en la majeur, ARWV 032
Franz Joseph Haydn (1732-1809)
Symphonie n° 45 en fa # mineur (« les Adieux ») Hob. I: 45





