Avec l’Orchestre philarmonique tchèque sous la direction de Semyon Bichkov, la maison de disques Pentatone ajoute à son catalogue les symphonies 6 à 9 du compositeur Gustav Mahler et laisse de côté le seul mouvement complété de la 10e.
On connaît déjà plusieurs enregistrements de l’intégrale des symphonies, réalisés par des chefs aussi prestigieux que Leonard Bernstein, Rafael Kubelik ou Claudio Abado.
À l’écoute de ces enregistrements, on s’aperçoit, alors qu’on ne devrait pas, que les œuvres n’ont pas été enregistrées tout d’une traite et on a parfois l’impression qu’il ne s’agit pas des mêmes interprètes.
Quoi qu’il en soit, il ne faut pas bouder notre plaisir. Dès la première symphonie, l’orchestre y va de toutes les couleurs et de toutes les émotions. On ressent aussi fortement l’influence de Ludwig Van Beethoven sur le jeune compositeur.

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Si dans la troisième symphonie l’orchestre arbore par moment la sonorité d’une fanfare, dans la quatrième, on sent déjà une écriture plus moderne avec des crescendos dramatiques remarquables. On a le sentiment d’être à l’écoute d’une musique de ballet qui nous offre un finale plein d’entrain.
Dans la huitième, où le chœur s’en donne à cœur joie, on perçoit malheureusement un arrière-plan sonore qui résonne comme une sorte de bourdon. On a même l’impression étrange que les musiciens et le chœur n’étaient pas dans la même pièce au moment de l’enregistrement. Sur le plan de la réalisation, voilà sans doute le point le plus faible de cette intégrale.
À contrario, l’écriture de la neuvième nous montre un Mahler qui a développé son propre style, son propre dialogue avec les mélomanes. Dans toute cette ampleur et cette magnificence, on perçoit tous les détails et les subtilités de l’œuvre, grâce à une direction d’orchestre très inspirée et en recherche d’équilibre. À preuve, la possibilité qui nous est offerte de saisir la finesse du jeu des flûtes, en plein milieu d’une tempête de cuivres et de percussions. Mahler, c’est beaucoup ça: des sentiments exacerbés, mais sans outrage à nos oreilles ou à notre cœur et ça, Bichkov l’a bien compris.





