Moonlighter: Donjons et Gestion

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Si vous pensiez que parcourir les donjons pour terrasser les monstres qui s’y trouvent et en ramener des artéfacts ne contribuait pas à l’économie locale, le jeu Moonlighter risque bien de vous faire changer d’idée.

Alors que certains mélanges vont de soi, ce n’est pas tout à fait le cas de Moonlighter. Imaginez qu’un étudiant aux HEC qui tripait sur les vieux Zelda ait conçu un jeu, et vous aurez une petite idée de l’expérience proposée ici. Ce titre à l’esthétique rétro nous met dans la peau de Will, le propriétaire d’un magasin qui rêve de devenir un héros et qui, jour après jour, se lance à l’exploration des donjons bordant la ville de Rynoka, bravant les nombreux dangers qui s’y trouvent afin de récolter des matières premières et des artéfacts… pour les revendre à profit dans sa boutique!

Improbable cocktail d’aventure et de commerce, Moonlighter se déroule en deux temps. On explore tout d’abord les donjons, où se cachent toutes sortes de créatures dangereuses. Les ennemis vaincus laissent tomber des matières premières (bois, métal, pierre, etc.), mais on trouve également des coffres contenant des trésors ici et là. Si on meurt en cours de route, les items amassés disparaissent de notre inventaire. Heureusement, plutôt que tout perdre, un médaillon permet de se téléporter en ville avec son butin lorsqu’on voit nos points de vie diminuer dangereusement.

Image tirée du jeu

Le système de combat de Moonlighter est assez rudimentaire, avec un bouton pour les attaques principales, un autre pour les secondaires, et la possibilité d’ingurgiter de la gelée pour regagner des points de vie. Les mécaniques de commerce et de marchandage par contre sont nettement plus élaborées, et demandent une certaine courbe d’apprentissage pour en saisir les subtilités. On choisit par exemple quels items seront mis en vente dans notre boutique, et une bulle au-dessus des clients affiche leur niveau de satisfaction, ce qui permet d’ajuster les prix en conséquence.

L’économie locale fleurit à mesure que l’on écoule notre marchandise. On a le choix de réinvestir les profits directement dans notre magasin, que ce soit pour l’agrandir ou l’équiper de bacs à soldes, ou de contribuer au développement même de la ville de Rynoka, en finançant l’arrivée d’un magasin de potions, ou l’embauche d’un forgeron qui pourra nous fabriquer de meilleures armes et armures une fois que l’on dispose des matières premières nécessaires. Le choix d’investir dans la communauté n’est donc pas entièrement altruiste, et propose son lot de bénéfices.

Image tirée du jeu

Présenté dans une vue à plat au-dessus de l’action, Moonlighter affiche des graphiques 8-bit rendant hommage aux jeux de la vieille école, ce qui a l’avantage de procurer une expérience des plus fluides. On compte peu de donjons, mais comme ils sont générés aléatoirement, leur tracé est entièrement différent à chaque visite. Les trésors, tout comme les créatures qu’on y trouve, varient aussi en fonction du jour ou de la nuit. Une carte apparaît dans le coin inférieur gauche de l’écran, ce qui aide à se retrouver facilement à travers les labyrinthes.

Moonlighter n’est pas pour tous, mais si vous avez à la fois l’esprit d’aventure et la bosse des affaires (et que l’esthétique 8-bit ne vous rebute pas), ce jeu pas comme les autres vous surprendra par la profondeur de ses mécaniques de gestion et de commerce.

6.5/10

Moonlighter

Développeur : Digital Sun

Éditeur : 11 bit studios

Plateformes : Linux, Mac OS X, PS4, Switch, Windows et Xbox One (testé sur Xbox One)

Jeu disponible en français (textes à l’écran seulement)


En complément:

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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