Navigation : espionnage

On a fait grand cas, avec raison, des espions impliqués dans le contexte de la Guerre froide, qu’ils soient liés à l’Occident ou à l’URSS, ou encore à leurs alliés respectifs. On a moins parlé des civils, ceux qui ont accepté de servir de « mules » pour transporter des informations secrètes, et qui se sont parfois retrouvés coincés dans l’engrenage. Voilà qui est chose faite, avec The Courier.

Un personnage principal. Des dizaines d’ennemis. Et l’impérative nécessité de planifier ses gestes avec minutie pour éviter de se retrouver au tapis. Voilà le concept de Fights in Tight Spaces, un jeu d’action et de réflexion qui surprend. Dans le bon sens du terme, fort heureusement.

À l’aube de la deuxième guerre d’Irak, Katharine Gun, une analyste du GCHQ, l’agence de surveillance du Royaume-Uni, a transmis une note de la NSA américaine demandant que l’allié britannique serve à faire pression sur les autres membres du Conseil de sécurité des Nations unies pour obtenir une résolution favorable à l’invasion réclamée par Washington. Le récit de ce geste et des conséquences qui en découlèrent se retrouve dans Official Secrets, un docudrame sorti l’an dernier.

Finie, cette époque où les outils technologiques semblaient vouer la civilisation occidentale à un avenir radieux; l’heure est plutôt au clash entre les règles sociétales établies et l’utilisation parfois abusive de technologies et autres plateformes, appareils et outils numériques qui sapent les fondements de la démocratie en permettant un affaiblissement des institutions. Selon plusieurs experts interrogés par le Pew Research Center, cette tendance ira d’ailleurs en s’aggravant.

Peut-on réellement trahir son pays en s’assurant d’éviter une Troisième Guerre mondiale et la destruction de notre civilisation par le feu nucléaire? Red Joan, un drame d’espionnage basée sur des faits réels et réalisé par Trevor Nunn, pose la question, mais évite d’y répondre. Il en reviendra au public de juger des actes de l’héroïne de cette adaptation du roman du même nom.

L’application mobile FaceApp, particulièrement populaire sur les réseaux sociaux depuis le début de la semaine, entre autres grâce à sa fonction de « vieillissement » des internautes, doit faire l’objet d’une enquête du FBI et du gendarme des marchés financiers, la Federal Trade Commission, réclame Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat des États-Unis.

Poison mortel ou antidote pharmaceutique, la bivalence de ces substances débusquée au fil du temps se décortique dans l’exposition Venenum, un monde empoisonné présenté jusqu’au 8 mars 2020 au Musée de la civilisation à Québec. En parallèle, l’exposition Curiosités du monde naturel regroupe une série d’artéfacts des expéditions du 18e et 19e siècle dans l’optique du naturaliste Charles Darwin, jusqu’au 5 janvier.

Seriez-vous prêts à partager certaines informations personnelles pour pouvoir continuer à lire cette critique? C’est déjà sans doute un peu le cas  – merci aux annonces publicitaires fournies par Google –, mais le documentaire HAK_MTL, réalisé et scénarisé par Alexandre Sheldon, représente un rappel fort utile: on vous surveille, et certainement pas pour votre bien.

Lorsque le président Poutine a donné au président Trump, le 16 juillet dernier, un ballon de football, certains observateurs ont recommandé ironiquement de s’assurer que le ballon ne contenait pas de l’équipement électronique pouvant servir à espionner la Maison-Blanche. Or, vérification faite, il s’avère qu’il contient bel et bien de l’équipement électronique.